Trudeau surprend encore une fois

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Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré la presse accompagné de ses nouveaux ministres, mardi.

La Presse canadienne

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ÉDITORIAL / Il n'est pas rare qu'un nouveau gouvernement procède à un remaniement du cabinet au terme d'une première année au pouvoir. En ce sens, celui qu'a mené le premier ministre Justin Trudeau, hier, n'étonnera pas.

Souvent, un remaniement survient après des semaines de pressions des partis d'opposition parce qu'un ministre a mal piloté un dossier, ou s'est comporté de manière moins honorable. Ce n'est pas le cas cette fois : M. Trudeau procède à un brassage non sollicité de son équipe. Il le fait pour des raisons que l'on pourrait qualifier d'« internes ». Inévitablement, certains ont brillé par leurs nouvelles fonctions, d'autres ont laissé à désirer. Avant que les déceptions ne deviennent problématiques, le premier ministre n'a pas tardé et a agi. 

Ses adversaires l'accusaient de n'être qu'un « politicien-selfie », un homme public plus soucieux de son image que de l'action : de fait, les résultats se faisaient attendre alors que son gouvernement a passé beaucoup de temps à étudier, à réfléchir et à consulter. M. Trudeau a depuis démontré qu'il n'est pas qu'une belle coquille vide et qu'il sait aussi prendre des décisions difficiles lorsque nécessaires. 

À l'automne, il a passé une taxe nationale sur le carbone en même temps qu'il a annoncé deux pipelines pour facilier l'exportation des ressources pétrolifères de l'Alberta vers la Colombie-Britannique et le Wisconsin. Les réactions n'ont pas été catastrophiques. Nous ne pouvons qu'imaginer le tollé qu'aurait enduré son prédécesseur Stephen Harper s'il avait procédé à pareille annonce !

Lorsqu'il avait formé son premier cabinet, en octobre 2015, Justin Trudeau s'était imposé le défi supplémentaire de la parité hommes/femmes. Il a maintenu cet engagement et c'est tout à son honneur. 

Le plus risqué de cet exercice politique s'avérera la perte de 35 années d'expérience au sein de l'équipe libérale, dont une douzaine dans des rôles de ministre : référence ici aux départs simultanés de Stéphane Dion et de John McCallum. Déjà, on avait noté l'inexpérience de la majorité des 30 ministres. Là, il vient de se débarrasser de deux de ses plus solides voix au cabinet pour les remplacer par deux recrues. Cela risque de faire mal. 

Rien n'était reproché à M. McCallum qui a piloté l'entrée au pays de dizaines de milliers de réfugiés syriens et malgré des délais compréhensibles, tout a assez bien fonctionné. Son départ demeure une énigme mais il ne s'y oppose pas. Il semble plutôt heureux de s'être fait offrir le poste d'ambassadeur en Chine.

On ne peut en dire autant de M. Dion qui a sous-performé aux Affaires étrangères. Vedette propulsée au cabinet par Jean Chrétien en janvier 1996, après le presqu'échec référendaire, c'est un triste point final à sa carrière politique. Bah... il se consolera avec sa Loi sur la clarté référendaire, même si elle lui aliène une majorité de Québécois. M. Trudeau lui aurait offert un poste d'ambassadeur en Allemagne et auprès de l'Union européenne : il y a pire prix de consolation.

Si M. Dion était sur une pente descendante, c'était l'inverse pour Chrystia Freeland qui a réussi à faire passer l'Accord économique et commercial global (AECG) avec l'Union européenne. Elle obtient une promotion. Plus pragmatique que le dogmatique Dion, elle devrait mieux manoeuvrer avec le gouvernement imprévisible de Donald Trump. 

Finalement, Justin Trudeau surprend une autre fois. Dans le bon sens. Voyons pour la suite des choses.

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