Bibliothèque, ça approche

Le monument de béton où est située la... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Le monument de béton où est située la bibliothèque d'Ottawa a été conçu à une époque où l'accès aux documents numériques n'était qu'un distant rêve.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / D'ici un mois, Ottawa devrait concrétiser ses plans pour une nouvelle Bibliothèque publique : rien ne devrait faire dérailler ce projet qui est en gestation depuis des années.

Souvent négatifs, les reports et les délais auront cette fois eu un effet bénéfique après tout. Ils auront permis à la Ville d'Ottawa de marier son projet à celui du fédéral d'ajouter des locaux à Bibliothèque et archives Canada. Il y a peu d'endroits aussi propices au pays pour une collaboration de ce genre entre une institution fédérale et des services municipaux. Cette mise en commun de deux services à la population permettra de surcroît aux deux bailleurs de fonds d'économiser de l'argent. La Ville d'Ottawa ne sera donc pas contrainte à restreindre sa vision pour sa future Bibliothèque centrale, et le fédéral pourra améliorer et élargir son offre de services sous la coupe de Bibliothèque et archives Canada.

Un parfait exemple de partenariat gagnant-gagnant.

Cela fait plusieurs années que Le Droit appuie la construction d'une nouvelle Bibliothèque centrale pour la Ville d'Ottawa. Celle dont elle dispose présentement, à l'angle des rues Metcalfe et Laurier, est dépassée depuis des années. Ce monument de béton datant des années 1970, à l'architecture inhospitalière, est coincé parmi des édifices en hauteur qui en écrasent la perspective. Il a été conçu à une époque où l'accès aux documents numériques n'était qu'un distant rêve.

Aujourd'hui, plusieurs utilisent justement l'argument de l'informatisation et de l'accès à distance pour nier le rôle que peut jouer une Bibliothèque centrale moderne au sein d'une communauté comme Ottawa. Le succès de la Grande bibliothèque, à Montréal, sert tout à fait à démontrer l'erreur de ce point de vue.

Ce n'est pas parce que les usagers ont de plus en plus les yeux rivés sur des écrans mobiles que le concept même d'un centre de prêt est devenu caduc. Il a simplement évolué vers d'autres formes. Les supports des documents consultés ont profondément changé. Nous utilisons moins les livres sous leurs traditionnelles formes papier mais les informations qu'ils contiennent, et tous les nouveaux documents qui circulent, suscitent une utilisation décuplée par les usagers. Et pour les répertorier et les conserver, quoi de plus essentiel qu'une bibliothèque ?

Le mariage de raison entre la Bibliothèque centrale d'Ottawa et Bibliothèque et archives Canada permettra aux deux organisations de se doter d'un édifice qu'elles n'auraient pu justifier et se payer autrement. La plus récente version du projet fait état d'un bâtiment de 216 000 pieds carrés, et une facture totale de 168 millions $, à partager inégalement entre Ottawa (99 millions $) et le fédéral (69 millions $). Pour fins de comparaison, la rénovation nécessaire à la présente Bibliothèque centrale se chiffrerait à 70 millions $. Donc, pour 30 millions $ de plus, Ottawa hériterait d'un lieu flambant neuf : il serait ridicule de tenter de faire du neuf avec du vieux.

Par deux fois un comité de la Bibliothèque centrale d'Ottawa a étudié les sites où elle pourrait s'installer. Par deux fois les plaines Le Breton ont émergé, près du futur réseau de train léger. Il ne faut pas céder aux appels de certains qui craignent le départ de la Bibliothèque centrale du centre-ville. 

Le conseil municipal doit rendre sa décision le 8 février, après une ultime séance de consultation, le 18 janvier. Souhaitons que le projet aille de l'avant.

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