Être président ? Trop facile !

À l'instar de sa campagne électorale, Donald Trump... (Archives, Associated Press)

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À l'instar de sa campagne électorale, Donald Trump ne semble pas se soucier de la véracité de ses attaques.

Archives, Associated Press

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ÉDITORIAL / Donald Trump n'est pas encore président des États-Unis que déjà il multiplie les interventions publiques et se comporte comme s'il l'était.

La passation des pouvoirs dans les démocraties prend toujours quelques semaines, et près de trois mois aux États-Unis. L'élection présidentielle a eu lieu le 8 novembre dernier et M. Trump assumera officiellement la responsabilité de chef d'État à midi, le 20 janvier.

Jamais de mémoire d'homme n'a-t-on vu un président élu s'immiscer à ce point dans son futur rôle que M. Trump. Nombreux étaient ceux qui avaient prédit que cette présidence serait comme nulle autre, mais qui pouvait prévoir le scénario dans lequel les États-Unis se retrouvent en ce moment ? Le pays a en quelque sorte deux présidents en exercice. Par chance, Barack Obama n'a pas eu de gros dossiers litigieux dans lesquels l'intervention du président sortant est essentielle. Depuis plusieurs semaines, il s'en tient à ce rôle de fin d'exercice - les Américains parlent d'un « lame duck president » - où les sorties ont une valeur plus protocolaire et cérémoniale. À preuve la visite du premier ministre du Japon à Pearl Harbor, par exemple. 

Nous ne pouvons que frissonner à l'idée d'un conflit important qui exigerait une intervention directe du président sortant alors que le président élu gouverne par la bande, par la voie des médias sociaux comme Twitter.

S'il fallait que la Corée du Nord procède à un test nucléaire, par exemple, ou qu'un coup d'État ébranle un pays instable du Moyen-Orient... 

On comprendra que M. Trump a hâte de livrer la marchandise sur ses principaux engagements électoraux. Cela démontre un intérêt certain pour la fonction. Nous verrons bien s'il sera aussi actif dans trois ans lorsque l'usure du pouvoir aura fait son oeuvre inévitable. Nous verrons alors si sa « twittocratie » sera aussi efficace. 

Pour le moment, Donald Trump se donne le beau rôle.

Avec une ou deux phrases lancées spontanément, voilà le futur président qui fustige Ford ou General Motors pour le transfert d'emplois des États-Unis vers le Mexique. Et ça semble être efficace ! Être président, trop facile ! 

À l'instar de sa campagne électorale, il ne semble pas se soucier de la véracité de ses attaques. 

Il sera intéressant de voir s'il se permettra une telle manipulation des faits une fois qu'il sera officiellement en poste. Est-ce que ses ministres (ou ses secrétaires d'État, comme on les appelle aux États-Unis) interviendront ? Est-ce que le gouvernement et ses fonctionnaires seront constamment appelés à rectifier des faits ? Est-ce que le Parti républicain qu'il représente à la Maison-Blanche le laissera faire ? Déjà, sur la question de l'Office of Congressional Ethics (Bureau de l'éthique au Congrès), les républicains ont annulé leur décision de l'assujettir à un comité de la Chambre - effectivement, ils voulaient se débarrasser d'un inspecteur indépendant qui leur a souvent mis les bâtons dans les roues. La réaction populaire et les remontrances de M. Trump ont poussé les républicains à changer d'idée. Cela augure un mariage houleux entre le futur président et son parti. Et on n'a pas encore parlé des relations entre M. Trump et la Russie de Vladimir Poutine !

Plusieurs Américains peu favorables à Donald Trump redoutaient l'idée que ce dernier ait le doigt sur le détonateur nucléaire. Impulsif et réactionnaire, que fera-t-il lorsque provoqué ? L'avenir le dira, mais à date, le président élu ne fait pas mentir Donald Trump le candidat !

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