Le rêve d'une «vraie» autoroute

À la vitesse où avancent les dossiers routiers... (Archives, Le Droit)

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À la vitesse où avancent les dossiers routiers au Québec, Alexandre Iracà pourrait faire toute sa carrière politique sur l'élargissement de l'autoroute 50... et ne jamais en voir la consécration.

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ÉDITORIAL / Pour assurer leur réélection et leur avenir, les députés doivent montrer à la population qu'ils défendent son intérêt. Et qu'ils ont des qualités de visionnaire pour l'avenir collectif de la circonscription et de leur gouvernement. C'est la principale raison derrière le rêve d'une véritable autoroute 50.

Cela peut sembler présomptueux pour le député de Papineau, Alexandre Iracà, de faire de l'élargissement de la 50 à quatre voies sur tout son tracé une priorité pour tout l'Outaouais. Après tout, elle n'a que cinq ans !

Mais pour lui et pour le caucus des cinq députés libéraux de l'Outaouais, personnellement et politiquement, cela tombe sous le sens. Comme la 50 tombait sous le sens de son prédécesseur, Norman MacMillan.

La 50 traverse la circonscription de Papineau d'est en ouest ; ses tronçons vallonneux les plus dangereux - et qui ont réclamé plusieurs vies humaines depuis son inauguration il y a cinq ans - sont au coeur de son comté. C'est à son bureau qu'aboutissent les plaintes originant du chapelet de villages qui souffrent du désintérêt de la route régionale 148 maintenant que la circulation automobile passe à quelques kilomètres plus au nord. 

À la vitesse où avancent les dossiers routiers au Québec, M. Iracà pourrait faire toute sa carrière politique sur l'élargissement de l'autoroute 50... et ne jamais en voir la consécration. Mais c'est une très bonne idée de faire rêver les électeurs.

Les premières allusions à cette autoroute remontent au début des années 1960 lorsqu'Oswald Parent était le « parrain » de l'Outaouais. Il allait siéger encore quelque 15 autres années, jusqu'à sa défaite renversante de 1976... sans en voir le bout. Il a eu beau avoir « les mains sur le volant » pendant quatre autres mandats, rien n'y fit. 

Plusieurs politiciens l'ont aussi promis par la suite, tant chez les libéraux que dans le camp du Parti québécois. Si ça avançait ou si ça stagnait, c'était la faute à l'un ou à l'autre. Soit parce que les libéraux n'avaient rien à gagner à dépenser en Outaouais, où ils comptaient sur cinq comtés sûrs, soit parce que le PQ n'avait aucun gain à y faire, ou l'inverse... parce que chaque vote compte lors d'un référendum.

M. Iracà ne fera pas ça tout seul. Si la 50 doit se réaliser un jour, ce sera le résultat d'un long travail collectif de tous les députés de l'Outaouais (peu importe la couleur... car on ne peut présumer qu'ils seront libéraux ad vitam aeternam). Et à ne pas oublier, des élus des secteurs d'Argenteuil et Mirabel, dont la population et la vigueur économique comptent encore beaucoup sur des liens routiers efficaces et sécuritaires.

Car ce sont là les clefs pour convaincre les gouvernements supérieurs que la 50 n'est pas qu'un rêve de politicien. La population doit être au rendez-vous et les statistiques de fréquentation doivent répondre à des normes provinciales. Le développement économique s'avère un facteur qui convainc les gouvernements qui calculent qu'il y aura là un retour sur l'investissement. Et enfin, l'argument de la sécurité : les décideurs se sentent toujours un peu coupables d'avoir, vraiment ou non, négligé le bien-être de leurs concitoyens.

Des routes, c'est de la « vieille » politique, ce n'est pas comme l'accès Internet, mais ça fonctionne toujours. Et le député Iracà prend la bonne décision de se coller sur la 50 pour assurer son avenir.

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