Imprévisible Donald Trump

Donald Trump... (Don Emmert, AFP)

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Donald Trump

Don Emmert, AFP

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ÉDITORIAL / Un mois après son élection, nous ne sommes sûrs que d'une chose à propos de Donald Trump : il est imprévisible. Cela promet pour les quatre prochaines années. Personne ne peut dire la position qu'il adoptera sur l'enjeu de la journée. Il pourrait être pour, contre, ou s'en balancer totalement.

Homme de peu de convictions autres que son intérêt pour l'argent et pour son image, il ne souffle pas dans le sens du vent, du côté de l'opinion publique pour plaire aux Américains qui l'ont élu. Il souffle là où bon lui semble, selon le côté du lit où il a mis le pied ce matin-là, sans trop d'égard aux conséquences que pourraient avoir ses paroles - ou son fil Twitter qu'il nourrit avidement. 

Pendant sa campagne électorale, il a tenu de multiples propos misogynes, il a ri d'un handicapé, il a insulté ses adversaires... et même des gens de son propre Parti républicain. Il a multiplié les commentaires carrément erronés ou fautifs, nourrissant à lui seul une industrie de fact-checkers qui n'avaient pas le temps de débusquer un mensonge avant qu'il n'en proclame un autre. 

Il a réécrit le livre de la politique en allant dans le sens contraire de la rectitude bien pensante. Au début, ses appuis minoritaires étaient constitués de ces « hommes en colère » d'avoir perdu leur emploi et leur dignité en raison de décisions commerciales ou économiques hors de leur portée. Progressivement, les rangs de ses supporters ont profité de la méfiance ou haine de millions d'Américains à l'endroit de la candidate démocrate Hillary Clinton. Quelque part, ces gens ont acquis la conviction que Donald Trump, le millionnaire roublard, se ferait le défenseur des perdants du système, des laissés-pour-compte, etc.

Depuis l'élection, le président-élu bâtit l'équipe ministérielle qui devra concrétiser son programme parfois très approximatif, parfois simpliste dans son opposition à de grands courants du progressisme : anti-environnement, antimondialisation, anti-services sociaux (avortement et Obamacare, notamment), etc.

Pour cela, il s'est entouré d'une palette de dirigeants souvent controversés. En politique étrangère, le patron de la pétrolière ExxonMobil, Rex Tillerson, a déjà identifié son camp, et il est pro-Russe et pro-Vladimir Poutine, ce qui ne sera pas sans froisser certains pour qui les « Rouges » sont encore un ennemi juré. À la Défense, le civil qui doit garder un oeil sur les débordements des militaires... est un ancien militaire lui-même, l'ex-général James Mattis. Au Travail, Andrew Puzder doit prendre le parti des travailleurs... mais a combattu les syndicats et les augmentations de salaire. À la Santé, le Dr Tom Price a multiplié les attaques contre les soins de santé pour les Américains. À l'Énergie, M. Trump a nommé Rick Perry, l'ex-gouverneur du Texas, un état où le pétrole est roi. À l'Environnement, son candidat Scott Pruit a lutté au coude à coude avec les entreprises d'énergies fossiles.

Nous anticipons déjà que les mesures de protection des droits des Américains passeront au second plan, derrière la promotion des industriels.

Il reste toujours une porte de salut.... l'imprévisibilité de Donald Trump. Car son absence de convictions profondes fait qu'il peut dire une chose et son contraire deux journées d'affilée. Il paraît influençable sur les sujets qui ne le passionnent pas et en ce sens, il pourrait défendre des positions inattendues, quitte à irriter la Chine deux fois en une semaine. 

Tenons-nous bien, la barque va tanguer !

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