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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Etienne Ranger, Le Droit

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ÉDITORIAL / Maxime Pedneaud-Jobin met en place sa campagne électorale de 2017.

Le 6 décembre s'est avéré une date-charnière en ce sens. D'un côté, la Ville de Gatineau approuvait son quatrième budget consécutif avec une augmentation des impôts fonciers à 2,9 %. De l'autre, à Québec, le gouvernement de Philippe Couillard endossait un projet de loi sur « l'autonomie des villes » qui offre justement à des municipalités comme Gatineau la possibilité de trouver de nouvelles sources de revenus.

Cette nouvelle législation québécoise permet à Gatineau de se libérer un peu du joug des impôts fonciers. Lors d'une rencontre éditoriale avec le quotidien Le Droit, au lendemain du vote sur le budget 2017, le maire Pedneaud-Jobin a laissé entendre que Gatineau pourra dorénavant piger dans les frais d'immatriculation des véhicules, par exemple, ou taxer les stationnements. Pour M. Pedneaud-Jobin, cette marge de manoeuvre que son parti Action Gatineau envisageait dès 2013 est si importante que lui, un souverainiste dans l'âme, a livré d'étonnants éloges envers les libéraux à Québec.

Ça ressemblait un peu aux accolades que le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenues à l'endroit de Maxime Pedneaud-Jobin, le mois dernier...

Cette flexibilité fiscale accrue sert déjà à préparer son second mandat à la mairie de Gatineau. 

De conviction sociale-démocrate, il croit au rôle de l'État et il n'était pas question pour son administration de viser moins de 2,9 % d'augmentation en 2017 même si Gatineau aurait objectivement pu le faire. Le but était de maintenir l'engagement du 2,9 % pris au début de 2014. Il se garde ainsi des munitions ; ce n'est que lors de la prochaine campagne électorale qu'il visera plus bas. Il peut le faire parce que Québec lui en a livré une première clef.

La seconde clef, c'est la possibilité d'alourdir la dette municipale qui coûte présentement 11 % du budget de la ville. Un taux modeste à l'échelle québécoise. 

Deux ou trois points de pourcentage de plus signifieraient des millions $ de plus à investir dans des investissements municipaux durables... comme une bibliothèque centrale, par exemple. Attendez-vous à un vif débat de la part des conseillers plus conservateurs à Gatineau. 

La troisième clef lui vient du gouvernement libéral à Ottawa et son gigantesque programme d'infrastructures. Cela aussi pourrait représenter des millions de plus pour des projets de plusieurs sortes. Et pas que des ponts, des routes et des égouts, mais... une bibliothèque, par exemple. Si vous y constatez une suite dans les idées, vous avez vu juste.

Et les amateurs de sports qui attendent un nouvel amphithéâtre pour les Olympiques de Gatineau ? M. Pedneaud-Jobin a bon espoir que tout sera ficelé au cours des prochains mois. Gardons les doigts croisés jusqu'à l'inauguration : ce projet a connu trop de rebondissements imprévus depuis 10 ans pour croire n'importe quel élu sur parole.

Au-delà de cette grande bibliothèque que le maire envisage pour son second mandat, toutes ces clefs devraient aussi lui permettre de répondre aux contribuables étouffés par ces hausses successives de 2,9 % alors que leurs revenus sont fixes. Il n'ira pas aussi loin qu'un gel, et cela serait irresponsable - cela provoque une imprévisible fiscalité en dents de scie. Mais gagez que Maxime Pedneaud-Jobin sortant s'alignera sur un objectif plus raisonnable pour les quatre prochaines années. De quoi attendre ses adversaires de pied ferme.

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