Le recul des libéraux

Les élections partielles de lundi ont démontré que... (La Presse photo Robert Skinner ,)

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Les élections partielles de lundi ont démontré que le Parti libéral de Philippe Couillard pourrait échapper certaines circonscriptions serrées en 2018.

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ÉDITORIAL/Le résultat des quatre élections partielles au Québec, lundi, ne provoquera pas de changement à l'Assemblée nationale. Mais le Parti libéral ne devrait pas interpréter l'opinion des électeurs concernés comme un endossement de ses politiques.

Le parti de Philippe Couillard a conservé la circonscription de Verdun mais partout, il a reculé de façon importante.

En extrapolant jusqu'à l'élection générale de 2018, les libéraux pourraient échapper plusieurs circonscriptions serrées. En Outaouais, leurs cinq majorités ne seraient pas en danger mais ailleurs... 

Dans les heures qui ont suivi les complémentaires, M. Couillard a continué d'afficher une confiance inébranlable. Il a même soutenu que son parti avait «littéralement sauvé le Québec» en rétablissant les finances publiques et en opérant une vaste opération de réduction des dépenses de l'État dont les contribuables se souviendront longtemps. Si les réformes en santé ont davantage été structurelles, cela n'a pas été le cas en éducation et dans les mesures sociales, notamment. Les enfants d'âge scolaire qui présentent des difficultés d'apprentissage ont été sacrifiés. Les signaux d'alarme du système de justice sonnent sans cesse depuis 18 mois.

Ce n'est que tout récemment, alors que le Québec concrétisait un surplus de 3,6 milliards $ lors de la mise à jour économique (incluant 1,45 milliard $ au Fonds des générations), que le gouvernement est passé en mode réinvestissement. Fini les pommes de terre en poudre dans les foyers de personnes âgées, des dizaines de millions prévus pour alléger les délais dans les tribunaux, 553 millions $ pour de nouvelles écoles (dont 80 millions $ en Outaouais), injection de 100 millions $ en santé d'ici la fin de 2016, trois fois plus en 2017 (en plus de la fin de la contribution santé), etc.

Clairement, les libéraux veulent envoyer un autre message à la population.

Le verdict des partielles indique bien clairement qu'elle n'a pas encore constaté ces réinvestissements dans les services publics. Ou peut-être considèrent-ils que cela ne compense pas pour tout ce qui a été coupé depuis deux ans...

Le temps fera assurément son devoir. Les gens oublieront un peu. Tranquillement, le refinancement du système public calmera un peu la grogne dans certains milieux. Mais les libéraux ne doivent pas se contenter du passage du temps. Ils doivent être plus actifs et projeter une nouvelle image aux Québécois. Et ce n'est pas avec un premier ministre qui se proclame sauveur du Québec que la cote d'appréciation du Parti libéral croîtra. 

Ce sera d'autant plus difficile maintenant avec un redoutable Jean-François Lisée dans les banquettes de l'opposition. Un Parti québécois revigoré, plus le caquiste François Legault et le trio de Québec solidaire, les libéraux de Philippe Couillard n'auront aucun répit à l'Assemblée nationale et dans l'opinion publique. Les attaques fuseront de toutes parts. Ajoutez à cela la voix tonitruante de Bernard «Rambo» Gauthier, le chef syndical de la Côte-Nord qui s'est lancé en politique! Son franc-parler résonnera dans une partie de l'électorat.

Un remaniement ministériel suffira-t-il à envoyer un nouveau message à la population? Le retour d'un talentueux Pierre Moreau, peut-être la nouvelle élue Isabelle Melançon, cela aidera certainement. Mais est-ce que ce sera assez? Cela reste à voir. Les libéraux ont le jeu de cartes en main: à eux de sortir les atouts au bon moment pour effacer le recul qu'ils viennent de subir.

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