Le coûteux fiasco de Laval

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L'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt

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ÉDITORIAL / Le plaidoyer de culpabilité de l'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, soulève des questions qui vont bien au-delà de la justesse de la peine qu'il aura à purger. Cela interpelle tous les contribuables, pas que ceux de Laval : à combien se chiffrent les dommages que M. Vaillancourt a fait subir à la ville qu'il a dirigée pendant presque 25 ans ?

En réalité, ce sont des dizaines, peut-être même des centaines de millions en réputations ternies, en occasions ratées, en erreurs impossibles à corriger. On ne peut démolir les quartiers qu'il a autorisés pour plaire à des amis promoteurs, on ne peut recréer les occasions d'affaires qui se sont volatilisées parce qu'il était corrompu.

Pour cette raison, les 8,5 millions $ que l'ex-maire Vaillancourt a remboursés aux autorités municipales ne s'avèrent qu'une goutte d'eau dans l'océan de turpitude dans lequel il a plongé Laval pendant si longtemps. Ce n'est pas son condo d'une valeur de 1,1 million $ dont il a remis les clefs qui feront oublier les dégâts de son administration. Pas plus que les six ans de pénitencier que les avocats ont convenu entre eux. 

En ce sens, le maire de Laval Guy Demers a raison : une fois assuré qu'on a vidé les comptes en banque de M. Vaillancourt au Canada et dans les paradis fiscaux, il ne servait à rien de s'acharner et de viser une peine plus lourde juste pour assouvir un désir de vengeance. 

Il aurait fallu une fortune de l'ampleur des plus grands milliardaires de ce monde pour s'approcher d'une valeur de celle qu'il a fait perdre à ses concitoyens.

Pourquoi un permis de construire d'un côté de la rue, mais pas de l'autre ? Pourquoi un projet accepté en dépit d'études environnementales négatives ? Pourquoi une rue bifurque bizarrement si ce n'est que pour protéger les intérêts d'un constructeur proche du maire ? 

Tous les conseils municipaux prennent des décisions douteuses au plan du développement urbain, ou approuvent des projets qu'ils viennent à regretter. Il n'y a pas toujours une fraude financière derrière. À Gatineau, l'installation du magasin Costco au nord de l'autoroute 50 s'est avérée un échec monumental. Cet éléphant blanc sera rasé un jour, puis oublié. La prudence que de telles décisions exigent explique peut-être les tergiversations du maire Maxime Pedneaud-Jobin devant le projet des tours Brigil, entre autres. Les exemples s'accumulent dans la vie d'une municipalité. Cela ne signifie pas qu'il y a à chaque occasion un parfum de corruption qui empoisonne l'atmosphère. Parfois, ce ne sont que des erreurs de bonne foi qui se révèlent être bêtes que bien plus tard.

À Laval, les contribuables ont obtenu leur réponse. Leur ancien maire a voté selon des principes qui n'avaient rien à voir avec les intérêts supérieurs de la population, mais parce que cela l'avantageait lui et/ou des proches. 

Les Lavallois doivent vivre avec les conséquences de tout cela, incluant un urbanisme anarchique. Ils portent une partie de la responsabilité de ce verdict parce qu'ils ont quatre fois réélu Gilles Vaillancourt malgré des soupçons qui couraient dans les années 1990. Fort de majorités inébranlables qui éloignaient toute opposition solide, M. Vaillancourt a pu régner en roi et maître sur Laval jusqu'à ce qu'un jour, une goutte fasse déborder le vase. Cette goutte l'a mené à la prison mais rien ne saura compenser le fiasco urbain que Laval endurera pour des décennies.

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