Le PQ, QS et la démocratie

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La députée de Gouin et co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David

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ÉDITORIAL / «Québec solidaire a accepté la main tendue du PQ », titrait Le Droit plus tôt cette semaine. Voilà une excellente nouvelle qui, si elle peut renforcer les partis souverainistes au Québec, peut tout autant aider la démocratie. Parce que les contribuables sont tous perdants quand les partis d'opposition sont faibles.

L'histoire récente nous en sert une leçon. En 2000, les libéraux fédéraux de Jean Chrétien ont remporté une troisième majorité consécutive en raison des politiques qu'ils mettaient de l'avant, bien sûr, mais aussi parce qu'ils profitaient de la faiblesse des partis d'opposition. Les banquettes d'opposition à la Chambre des communes étaient divisées entre le Bloc québécois, le Reform Party (et ses versions subséquentes), et le Parti progressiste-conservateur. Ce morcellement des forces d'opposition laissait le champ libre aux libéraux de gouverner à leur guise sans avoir à se soucier de perdre le pouvoir. Parmi les plus mauvais coups du gouvernement Chrétien figure le scandale des commandites. Ce n'est qu'en 2004, après que Paul Martin ait succédé à M. Chrétien, que la grogne des Canadiens a pu s'exprimer aux urnes. À ce moment-là, Stephen Harper avait déjà commencé son travail de réunification des forces de la droite : les libéraux ont ainsi perdu leur majorité aux Communes et deux ans plus tard, en 2006, le Parti rebaptisé conservateur prenait le pouvoir.

La Vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, a estimé que le seul scandale des commandites avait coûté plus de 100 millions $ aux contribuables canadiens, sans résultat ou bénéfices concrets.

Il n'est donc pas payant, sauf pour certains profiteurs mal intentionnés, d'avoir un Parlement fortement divisé en raison d'une opposition morcelée.

Revenons au Québec. Le Parti libéral a su se maintenir au pouvoir pendant 12 des 14 dernières années même si les dernières années du régime de Jean Charest ont été éclaboussées par le scandale de l'industrie de la construction et une profonde crise étudiante. Là aussi, comme au fédéral au début des années 2000, les libéraux ont profité d'une Assemblée nationale divisée. Il y a eu l'émergence de l'Action démocratique du Québec, avalée par la Coalition avenir Québec en 2012. Dans le camp souverainiste, plusieurs mouvements sont venus gruger le Parti québécois : il ne subsiste aujourd'hui que Québec solidaire, avec trois sièges à l'Assemblée nationale.

Le PQ ne s'est évidemment pas aidé avec deux courses à la direction du parti coup sur coup, juste après une bien courte période de 19 mois au pouvoir sous Pauline Marois. 

Jean-François Lisée est devenu chef il y a à peine un mois. Si le plus récent sondage CROP-La Presse illustre un net recul au profit de la CAQ, il a quand même réussi à amorcer un dialogue avec Québec solidaire. Sans parler de la réunification des forces souverainistes, elles devraient au moins être en mesure de trouver une manière de ne plus se nuire en divisant le vote. Évidemment, il ne sera pas facile de réconcilier les visées de gauche de Québec solidaire avec celles plus centristes que l'on devine d'un PQ sous M. Lisée. Le PQ peut toujours puiser dans ses années de fondation pour constater que René Lévesque a lui aussi dû bâtir une coalition pour éventuellement prendre le pouvoir en 1976. 

Il faut souhaiter une similaire coalition d'ici 2018, au moins pour offrir une solide opposition aux libéraux de Philippe Couillard. Les contribuables ne s'en porteront que mieux.

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