Populaire, cette école en français

ÉDITORIAL / Les conseils et commissions scolaires sont accusés de ne rien faire... (Archives, La Presse)

Agrandir

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Les conseils et commissions scolaires sont accusés de ne rien faire de valable comme gouvernement de proximité. Allez dire ça aux élus du scolaire lorsqu'ils sont coincés à déplacer des élèves d'une école à l'autre : soudainement, tout le monde se rappelle qu'il existe des élus au-dessus des écoles et qu'il est alors de bon ton d'aller manifester durant leur réunion...

C'est exactement ce qui se passe au CEPEO ces semaines-ci. 

L'école Francojeunesse, dans le quartier Côte-de-sable, déborde et le Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario propose de transférer une centaine des 650 élèves vers la nouvelle école Centre-Nord, sur la rue Beech, dans la Petite Italie. Des parents poussent les hauts cris. Il s'agit d'un refrain connu.

Cela fait des années que le Conseil public sait que l'école Francojeunesse déborde. Elle figure avantageusement dans les classements en Ontario, et plusieurs familles s'installent dans son secteur pour en profiter. Là, elles se font dire que leurs enfants seront déplacés ailleurs. 

La présidente du CEPEO, Linda Savard, soutient que les efforts de densification urbaine de la Ville d'Ottawa sont la principale cause de ces débordements. C'est vrai, mais il y en a d'autres. 

Les parents sont très sensibles aux réputations des écoles et si Francojeunesse en a profité, l'école Trillium, dans le secteur Vanier, en a souffert. Longtemps négligée, il n'en filtrait que des problèmes. Elle a déménagé sur la rue Montgomery, dans un autre coin de Vanier, derrière la salle de bingo Friend's. On a ajouté une nouvelle aile, mais rien n'y fait ; plusieurs parents la boudent encore. Il faut y consacrer plus d'efforts : peut-être la doter d'une vocation particulière ? Cela a certainement fonctionné pour l'école Trille des bois, dans un autre coin de Vanier, avec un enseignement basé sur les théories du pédagogue Rudolf Steiner. Cinq ans après sa nouvelle vocation, sa popularité avait fait oublier qu'elle était aussi à Vanier...

L'école Francojeunesse déborde aussi parce que le CEPEO applique « généreusement » le principe d'accueil aux « non ayants-droit » qui veulent fréquenter l'école de langue française. Ces gens, souvent issus des communautés immigrantes, n'ont pas un droit constitutionnel à l'enseignement en français. Mais comme la communauté francophone veut être accueillante envers quiconque la choisit, l'école Francojeunesse a ouvert grandes ses portes. À un rythme de 10 nouveaux enfants par an. Au bout de cinq ans, le principe de l'ouverture - que tous applaudissent - signifie deux ou trois nouvelles classes dans une école qui débordait déjà avec 550 enfants. 

Personne ne voulait fermer un peu le robinet : sans refuser des familles, les diriger vers d'autres écoles. Ou les aiguiller vers le Conseil catholique ce qui est une horreur dans la rivalité que se livrent les deux conseils...

Le CEPEO était parfaitement au courant puisqu'ils approuvent l'arrivée des nouveaux élèves, après que le directeur de l'école l'ait aussi fait dans un premier temps, avec une enseignante et un autre employé.

Le débordement n'est donc une surprise pour personne. Et la crise, le CEPEO l'a un peu créée lui-même. Pas par incompétence, mais par ambition.

Hier, des parents revendicateurs se sont présentés au CEPEO. Ce dernier se donne jusqu'à Noël pour décider. Peu importe l'issue, des enfants s'attristeront de quitter leurs amis et leur école, et le quotidien de leurs parents sera bouleversé.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer