Le meilleur choix pour les Francos

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En lui offrant son appui, Le Droit estime que Nathalie Des Rosiers a deux ans pour faire ses preuves, et insuffler une nouvelle énergie au gouvernement Wynne.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / Demain s'achève la campagne électorale dans Ottawa-Vanier : jeudi 17 novembre, la population choisira la personne qui succédera à Madeleine Meilleur, qui a représenté la circonscription depuis 2003. Il y a là un geste de portée historique, car il n'y a eu que quatre titulaires du poste depuis 1971.

Trois francophones y représentent les grands partis de l'Ontario : Claude Bisson pour le Nouveau Parti démocratique, Nathalie Des Rosiers, pour le Parti libéral, et André Marin, pour le Parti progressiste-conservateur. Huit autres noms apparaissent sur le bulletin de vote.

Ne nous contons pas d'histoire : malgré les bonnes intentions de M. Bisson, les plus solides candidats à cette élection partielle sont Mme Des Rosiers et M. Marin, deux avocats de formation et de métier, qui affichent d'impressionnants états de service. M. Marin s'est illustré comme procureur de la Couronne, comme ombudsman de l'Armée canadienne, puis pour l'Ontario. Il a longtemps défendu les causes des gens oubliés ou floués par le système. C'est à la suite d'une enquête de son bureau que les billets de loterie sont depuis autographiés au Canada, à la suite de fraudes de détaillants ontariens. Plus récemment, il a décrié la gestion du gouvernement dans le dossier de la société d'énergie Hydro One.

Mme Des Rosiers est doyenne de la Faculté de droit (section de common law) à l'Université d'Ottawa. Avant de revenir à l'université, elle s'est illustrée comme avocat-conseil à l'Association canadienne des libertés civiles, où elle a entre autres combattu les bavures policières au sommet du G20 à Toronto. Son travail inestimable lui a valu d'être décorée des Ordres de l'Ontario et du Canada. 

Ces honneurs importeront cependant peu aux électeurs d'Ottawa-Vanier qui s'intéressent au travail futur que leur député fera ; la politique est un monde ingrat. M. Marin et Mme Des Rosiers sont des candidats d'envergure qui n'ont ni racines dans le comté, ni solutions créatives à proposer. L'âpre lutte qu'ils se mènent rappelle celle de 1977 avec Gisèle Lalonde (elle avait perdu), au nom des conservateurs de Bill Davis, au libéral Albert Roy. 

Les libéraux de Kathleen Wynne affrontent un vent de face, son gouvernement porte le poids de 13 années de pouvoir ininterrompu et elle semble à court d'idées, sans parler des accusations criminelles consécutives à leur choix d'un candidat dans Sudbury, l'an dernier. 

André Marin martèle une idée fixe : que les libéraux ont erré avec Hydro One et que les Ontariens paient beaucoup trop cher leur électricité. Plusieurs abonderont en ce sens. Les électeurs ne doivent pas lui faire porter le fiasco de la décision du conservateur Mike Harris à propos de l'hôpital Montfort : c'était il y a 20 ans et sous Patrick Brown, le PC tente de faire amende honorable. M. Marin ferait un formidable pilier dans son équipe.

Depuis 30 ans, les libéraux ont accaparé le vote des francophones de l'est en appuyant leurs causes, notamment en éducation et avec la Loi sur les services en français. Cela aide Nathalie Des Rosiers, mais elle ne peut tenir cela pour acquis. Son intention de déposer au besoin un projet de loi privé pour la reconnaissance d'Ottawa, ville bilingue, forcera tous les intervenants dans le dossier à abattre leurs cartes. En lui offrant son appui, Le Droit estime que Nathalie Des Rosiers a deux ans pour faire ses preuves, et insuffler une nouvelle énergie au gouvernement Wynne. Le tout sera réévalué en 2018.

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