Trump et le Canada

Donald Trump... (Archives, Agence France-Presse)

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Donald Trump

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ÉDITORIAL / La victoire de Donald Trump dans la course à la présidence des États-Unis continue de surprendre. L'ampleur du choc est inégalée et les pleurs de joie ou de tristesse coulent sur les joues des supporters du candidat républicain et des démocrates de Hillary Clinton.

Partout, tous essaient de décoder ce qu'une présidence Trump signifiera. Son programme électoral est vague... sauf pour quelques engagements bien précis comme ce mur entre le Mexique et les États-Unis, ou le réchauffement des relations avec la Russie de Vladimir Poutine.

Qu'en est-il pour le Canada ? Des relations à rebâtir, certes, et en filigrane, plusieurs lignes de force se dégagent. Elles se divisent en deux camps : les relations bilatérales entre nos deux pays, et celles qui incluent un ou plusieurs autres partenaires. 

Dans cette dernière catégorie, l'entente sur les changements climatiques conclue à Paris viendra rapidement sur la table puisque la suite de COP 21 se discute présentement au Maroc. Mais la position du gouvernement Trump attendra puisque l'investiture n'aura lieu que le 20 janvier prochain, à Washington. Nous pouvons cependant déjà anticiper une ligne de fracture entre le Canada sous Justin Trudeau et les États-Unis sous M. Trump. Un Canadien qui veut agir dans la lutte aux changements climatiques, devant un Américain plutôt climatosceptique, et en faveur d'industries fossiles polluantes comme le pétrole et le charbon. 

M. Trump voudra sans doute reprendre les discussions sur le pipeline Keystone XL, coulé par Barack Obama. Que fera M. Trudeau qui souffle le chaud et le froid entre l'appui au pétrole albertain et l'environnement ?

Il faut s'attendre aussi à un désaccord sur le Partenariat transpacifique, ce traité de libre-échange de 12 pays du pourtour du Pacifique, dont le Canada et les États-Unis. M. Trump s'est fait la voix des travailleurs victimes du déplacement d'emplois vers des pays émergents et le président élu a qualifié ces ententes de nuisibles. Si le PTT doit survivre, les États-Unis n'en feront probablement pas partie. 

L'Accord sur le libre-échange nord-américain, l'ALÉNA, sera aussi ciblé par Donald Trump pour les mêmes raisons que le PTT. Si des emplois ont été délocalisés du sol américain, ce n'est pas en destination du Canada, mais bien vers le Mexique et ses millions de travailleurs manuels moins coûteux et ses normes industrielles plus accommodantes. Si ce traité doit être réformé, le Canada devrait convaincre M. Trump de revenir à la version antérieure de l'ALÉNA, celle qui n'unissait que le Canada et les États-Unis. Donc des turbulences à l'horizon, mais une opportunité de préserver le coeur de nos échanges économiques qui se chiffrent à plus de 2 milliards $... par jour. Si M. Trump n'y voit pas la raison, les gouverneurs des 35 États qui sont d'étroits partenaires avec le Canada lui rappelleront cette réalité bénéfique à nos deux pays.

Et puis il y a le marché du bois d'oeuvre, qui doit être renégocié. 

Bref, bien du travail pour les ambassadeurs, diplomates, ministres et fonctionnaires pour décoder le nouveau discours américain.

À plus court terme, M. Trudeau doit rappeler la tradition non écrite des relations canado-américaines : le premier pays visité par le nouveau président doit être le Canada. Quelque part en février ? Avec une boîte de « biscuits Trump » en cadeau, dignes successeurs des « Obama Cookies » qui sont devenus dès 2008 un emblème d'Ottawa...

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