Pour une réforme du transport aérien

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ÉDITORIAL / Le Canada pourrait bientôt compter sur des compagnies d'aviation à bas coût : voilà une excellente nouvelle pour les voyageurs qui, pour des raisons administratives archaïques, ne pouvaient profiter de ces transporteurs présents dans bien des pays du monde.

Le gouvernement de Justin Trudeau prend le relais d'une réflexion lancée par les conservateurs. Au lieu de l'enterrer pour des raisons partisanes, le ministre Marc Garneau a plutôt signifié, cette semaine, qu'il entendait y donner suite. 

Les consommateurs sortiront gagnants si les instances réglementaires font bien leur travail et si les plans d'affaires se concrétisent comme prévu. Deux nouvelles compagnies d'aviation verraient le jour à court terme, Canada Jetlines et Enerjet. Elles ajouteraient à l'offre des gros joueurs que sont Air Canada et WestJet et offriraient des vols réguliers à l'intérieur des frontières, dans un premier temps. Il y aurait plus de villes desservies, pas moins. Rien n'est encore prévu pour l'est du Canada. 

Selon des rapports de l'industrie, les coûts des billets sur ces vols pourraient fondre du tiers. 

Pour maintenir une structure de coûts minimale, le plan est de desservir des aéroports secondaires où les frais d'atterrissage sont beaucoup plus modestes que dans les aéroports à vocation internationale. À terme, il pourrait y avoir de l'espoir pour l'aéroport de Gatineau dans un tel brassage des pratiques industrielles au Canada, plus économique que l'aéroport McDonald-Cartier. Il s'agirait aussi de vols avec services réduits : aucune gratuité à bord, toute consommation serait facturée, une seule catégorie de sièges, etc.

L'initiative fédérale repose sur un rapport de l'ex-ministre David Emerson. La clef pour stimuler l'émergence de sociétés de transport à bas coût consiste à doubler le financement étranger, jusqu'à concurrence de 49 %. Ce plafond de 49 % existe déjà en Europe et ailleurs, où de petits transporteurs régionaux ont essaimé depuis. Il n'y a pas de crainte majeure à y avoir. Les Canadiens ont profité, il y a quelques années, de téléphonie cellulaire à prix plus bas justement parce que les règles de financement étranger ont été assouplies par le gouvernement de Stephen Harper. Le ciel n'est pas tombé sur nos têtes pour autant. Nous avons toutes les raisons de croire que cela pourrait avoir le même effet dans l'industrie du transport aérien. 

Parallèlement, le ministre Garneau propose la mise en place d'une Charte des passagers. Il veut que les consommateurs soient mieux informés de leurs droits lorsque des compagnies aériennes connaissent des ratés : retards, surréservation, bagages égarés, etc. 

Il ferait bien d'inclure parmi les doléances l'absence d'offre de services en français, même au-delà des régions désignées. Il est illogique que les francophones se rendent jusqu'en Cour suprême pour faire valoir leurs droits linguistiques, un enjeu bien plus fondamental que le droit à une compensation en raison d'un bris d'appareil ou une tempête de neige. Si les règles sont claires dès le départ, cela fera partie de la culture de ces nouvelles entreprises. Cela pourrait aider le gouvernement, ou à tout le moins, le Commissariat aux langues officielles, dans sa guerre éternelle avec Air Canada. L'objectif n'est pas d'obtenir une compensation, mais de forcer un changement de culture. Si le gouvernement Trudeau croit vraiment au bilinguisme comme valeur de ce pays, il agira en ce sens. 

Le financement étranger de l'industrie, selon le rapport Emerson, a constitué le frein majeur à son expansion au Canada. Il est temps d'en alléger les règles.

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