La STO, grosse vache sacrée

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ÉDITORIAL / Il y a quatre ans, Le Droit qualifiait la Société de transport de l'Outaouais de « vache sacrée ». Alors qu'elle vient de déposer son budget pour 2017, qui prévoit des hausses de tarifs de 1,9 %, force est de constater qu'elle a encore engraissé. Parlons donc d'une grosse vache sacrée.

Nous avions souhaité que la situation financière se redresse sous l'oeil scrutateur du conseiller municipal Gilles Carpentier, mais cela n'est pas arrivé. À son arrivée à la présidence de la STO, en 2014, cet ancien sous-ministre adjoint au Conseil du Trésor avait bien promis d'avoir le budget de la STO à l'oeil. Ses mots étaient clairs : « Nous devons nous assurer que ces fonds sont gérés et dépensés avec une très grande parcimonie. » 

Parcimonie mon oeil. Les hausses sont toujours la norme, à l'instar d'à peu près tous les présidents de la STO avant lui. 

« Nous faisons face à des augmentations de nos frais d'exploitation », a expliqué M. Carpentier... comme s'ils étaient inéluctables.

On comprendra que les conventions collectives des 750 employés sont difficiles à contrôler. (Depuis 2014, les chauffeurs sont sans contrat de travail et les négociations s'éternisent.) 

La quote-part de la Ville de Gatineau n'arrête pas de croître non plus : elle franchira le cap des 60 millions $ en 2017, presque 20 millions $ de plus qu'en 2011. Bon an mal an, ce sont 2 à 3 millions $ de plus que les Gatinois injectent collectivement à leur société de transport.

Cela nourrit goulûment le budget total de la STO qui, à 147,3 millions $, représente 50 millions de plus qu'en 2011... et 4,5 % de plus que l'an passé.

Pourtant, le service offert par la Société de transport de l'Outaouais n'est pas plus populaire qu'en 2011. Cette année-là, la STO venait de dépasser les 20 millions de passagers. Il y a eu un net recul en 2014 et en 2015 qu'il n'est pas difficile d'attribuer au fiasco du Rapibus. Cela a tant ralenti les temps de transport des usagers que ceux qui avaient le choix ont été en masse à déserter la STO, à reprendre leurs autos, leurs vélos ou à recourir au covoiturage. 

Reprendre l'habitude du transport en commun s'avère lent et difficile. Il aura fallu deux bonnes années, et de nombreux ajustements au service du Rapibus avant que l'autobus ne retrouve la faveur des usagers. Ainsi, le service vient de retrouver le cap des 20 millions. 

Au cours des cinq dernières années, le prix du carburant diesel a croulé d'environ 35 %. De toute évidence, la STO n'a pu en profiter. Les véhicules sont plus économiques que jamais, la flotte des 300 autobus de la STO est à 20 % diesel-électrique... mais les économies se font encore attendre. 

Mais on n'épargne pas pour autant les usagers. Les tarifs croissent régulièrement. Cela pénalise surtout les plus pauvres de la société. Pour eux, le transport en commun n'est pas un choix de société, ni le résultat d'un souci environnemental, mais l'absence d'autres moyens de transport.

Les années se suivent et se ressemblent à la STO : tout va à la hausse, on y planifie l'avenir comme dans les belles années de croissance de la clientèle, mais sans les avantages. La vache continue de s'engraisser et personne ne s'inquiète. Même pas son président qui parlait de parcimonie.

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