Après un an

Justin Trudeau et son épouse, radieux après l'élection... (Archives, La Presse canadienne)

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Justin Trudeau et son épouse, radieux après l'élection du Parti libéral du Canada, le 19 octobre 2015.

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ÉDITORIAL / Il y a un an aujourd'hui, le ton changeait à Ottawa. La victoire des libéraux de Justin Trudeau levait une chape de plomb virtuelle sur le gouvernement fédéral.

D'un gouvernement conservateur où toute initiative était mesurée à l'aune de la menace que cela représentait pour la sécurité nationale, l'économie canadienne ou l'emploi, les électeurs embrassaient tout d'un coup une vision d'un pays mû plutôt par l'espoir et l'optimisme.

Mais c'est plus difficile à dire qu'à faire et 12 mois plus tard, les Canadiens attendent encore des résultats dans bien des domaines.

Les premières semaines ont été prometteuses. Sous un radieux ciel d'automne, des centaines de Canadiens sont allés à Rideau Hall pour voir une nouvelle génération de politiciens franchir les portes du pouvoir. Quelques mots sont devenus emblématiques des premiers pas de cette administration : « Sunny Ways » (« Voies ensoleillées »), évoquant Wilfrid Laurier, puis « Parce que nous sommes en 2015 », pour justifier la parité homme-femme de son cabinet.

Il fallait rapidement se mettre à l'ouvrage sur les sujets les plus urgents.

Le monde entier s'interrogeait sur ce qu'il fallait faire pour résoudre un tant soit peu la crise des migrants syriens. Radicalement différente des conservateurs qui craignaient une intrusion terroriste, la position libérale s'articulait vers l'ouverture à 25 000 réfugiés. Ce fut un succès et on aura déjà oublié le fait que le gouvernement aura mis deux mois de plus que prévu pour tous les accueillir.

L'autre urgence, c'était l'imminence du sommet de Paris sur les changements climatiques. Aussitôt, M. Trudeau et sa ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, ont signifié au monde que « le Canada était de retour ». Cela s'est enchaîné récemment avec une politique contraignante pour forcer les provinces vers une tarification des émissions de CO2 - ce qui ne passera pas comme lettre à la poste en Saskatchewan et en Alberta. Au même moment, le fédéral a approuvé le plan d'un nouveau gazoduc vers le Pacifique : monnaie d'échange pour un accord national ?

Un an plus tard, la popularité du gouvernement Trudeau ne s'étiole pas tandis que les partis d'opposition sont en désarroi. 

Mais des doutes pointent à l'horizon. 

Le déficit prévu de 10 milliards $ a triplé sans que les effets de son programme d'infrastructures ne puissent s'apprécier autant que celui des conservateurs après la crise financière de 2008. La création d'emplois qu'il doit stimuler reste à voir. On doute aussi du retour à l'équilibre budgétaire avant les prochaines élections, comme promis. 

Au cours de cette première année, le gouvernement a mis en place des dizaines de tables de consultation, notamment sur l'avenir de l'appui aux communautés francophones minoritaires, ou à la Commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. Espérée depuis longtemps, ses conclusions mettront des années à s'écrire, et des décennies à se mettre en place. On peut en dire autant du nouveau partenariat avec les peuples autochtones, tenus à la traîne par des siècles de comportements racistes.

Maintenant, les Canadiens s'attendent à des résultats comme la légalisation de la marijuana, le partenariat avec les provinces (en santé, notamment). Un jour, il devra faire son lit sur le projet d'oléoduc Énergie Est. Sa réforme du mode de scrutin gaspille des mois et l'approbation des autres partis demeure un voeu pieux. 

Les libéraux sauront-ils livrer la marchandise sur tant de plans ? L'avenir le dira mais les Canadiens demeurent encore confiants.

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