Jeu dangereux

Doyenne de la faculté de droit à l'Université... (Martin Roy, LeDroit)

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Doyenne de la faculté de droit à l'Université d'Ottawa, Nathalie Des Rosiers a été élue samedi candidate libérale en vue de l'élection partielle dans le comté provincial d'Ottawa-Vanier. Toutefois, 105 personnes n'ont pu exercer leur droit de vote dans cette investiture.

Martin Roy, LeDroit

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ÉDITORIAL / Triste jour pour la démocratie locale, samedi : l'investiture libérale dans la circonscription d'Ottawa-Vanier a été entachée par l'exclusion de dizaines de nouveaux membres du parti, bloqués lorsqu'ils voulaient choisir leur candidate.

Si la méprise avait affecté également les camps des trois candidates, nous aurions pu croire à une bête erreur humaine. Mais ce n'est pas le cas. Quelque 105 personnes avaient à peu près toutes été recrutées par le camp de la candidate défaite Lucille Collard.

Son organisation et les gens ont bien suivi les règles : la méprise tient à ce que les cotisations avaient été versées au compte l'Association libérale d'Ottawa-Vanier, mais qu'elles n'ont pas été transférées au compte du bureau-chef du Parti libéral de l'Ontario.

Il y aurait eu magouille qu'on ne s'y serait pas pris autrement.

Dans toute cette affaire, c'est le Parti libéral qui paraît mal. Ça fait « petite politique ».

Mme Des Rosiers était peut-être la candidate préférée par l'establishment du parti, ses longs états de service et ses appuis, entre autres dans la communauté juridique d'Ottawa, suffisaient à faire d'elle la favorite pour succéder à Madeleine Meilleur. 

Si elle emporte l'élection partielle dans Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers constituera un atout de choix pour les libéraux de Kathleen Wynne qui ont grand besoin de rajeunir leur image et préciser leur programme s'ils veulent être réélus en 2018. 

Rien ne laisse d'ailleurs croire que Mme Des Rosiers ait pu être mêlée à ce tripotage des listes d'admissibilité, ni même qu'elle en ait eu connaissance. 

Les bénévoles de l'équipe de Lucille Collard ont rassuré qu'ils s'étaient bien informés des procédures dès le début de la campagne à l'investiture.

Le Parti libéral, par la voix de Lisa Stilborn, a simplement commenté que cette histoire était « très décevante ». Elle a avancé que « d'autres n'avaient pas pu voter, entre autres, par exemple, parce qu'ils n'avaient pas les documents prouvant leur lieu de résidence. »

Elle ferait référence à des étudiants de l'Université d'Ottawa. Ils étaient venus en masse appuyer Mme Des Rosiers, professeur de droit et doyenne de la Faculté de common law.

Ce ne sont pas tous les 105 exclus qui se sont présentés pour voter pour Lucille Collard, une conseillère scolaire qui avait réuni plusieurs appuis dans la communauté, dont le conseiller municipal Mathieu Fleury. Mais il y avait suffisamment de supporters déçus dans le lobby de l'école De La Salle, samedi, pour apprécier que quelques dizaines de personnes auraient pu faire une différence sur les 416 votes exprimés. 

L'autre victime de cette affaire, c'est la démocratie elle-même. 

Les coupables se donneront bonne conscience en se disant que leur candidate l'a emportée et qu'en bout de ligne, les gens voteront quand même pour le Parti libéral.

Mais chaque doute quant au processus démocratique, réel ou non, vient éroder la confiance de la population envers les élus et le système. Cela permet à des gens comme Donald Trump, candidat à la présidentielle aux États-Unis, de mettre en doute le prochain résultat de l'élection. 

Les moeurs politiques dans Ottawa-Vanier et en Ontario sont loin du cirque dont s'entoure M. Trump, mais il ne faut pas tendre l'élastique de la confiance des électeurs. Il s'agit d'un jeu bien dangereux.

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