Triste affront à la démocratie

Donald Trump a notamment dépassé les bornes lors... (Robyn Beck, Archives AFP)

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Donald Trump a notamment dépassé les bornes lors du débat de dimanche en annonçant que s'il était élu, il chargerait le gouvernement de faire enquête sur Hillary Clinton.

Robyn Beck, Archives AFP

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ÉDITORIAL / Il y a quelque chose de tristement historique qui se passe aux États-Unis, ces semaines-ci. La campagne présidentielle de Donald Trump et du Parti républicain prend un virage insoupçonné que l'on a rarement vu dans l'histoire, en tout cas, au moins depuis le désastre de celle de Barry Goldwater en 1964.

M. Trump, qui ne se gêne pas pour accuser sa rivale Hillary Clinton de dénigrants épithètes, semble maintenant parti en guerre contre le parti qu'il représente. 

Comme la goutte qui fait déborder le vase, une vidéo vieille de 10 ans a fait surface, vendredi, où nous l'entendons clairement se vanter de la désinvolture avec laquelle il aborde les femmes, le fait qu'elles n'osent repousser ses avances non sollicitées qui relèvent, pour certains, de l'agression sexuelle. Il le fait en des termes crus et dérogatoires. Plusieurs Républicains d'expérience, dont Paul Ryan, ont pris leur distance. Et M. Trump a déclenché une guerre de mots contre le parti et M. Ryan en particulier, qualifiant le président de la Chambre des représentants de «faible leader». 

L'homme d'affaires clame aujourd'hui qu'il est maintenant «libéré de ses chaînes»: il faut comprendre par là que la discipline partisane s'avérait pour lui une contrainte dont il est heureux d'être débarrassé. 

Pourtant, il en a dit des énormités depuis qu'il a décidé de se lancer dans l'arène politique. Rappelons ses attaques contre le peuple du Mexique qui leur envoie «des violeurs et des assassins».   

Tiraillé depuis 10 ans par l'aile radicale du Tea Party, le Parti républicain paraît donc divisé comme jamais, à quelques semaines de l'élection. C'est du jamais vu pour la plupart des Américains.

Que l'on soit républicain ou non, ni même Américain, l'effondrement de la campagne de Donald Trump est un triste développement pour la plus vieille démocratie du monde moderne. Basée sur un système bipartisan, la défaite annoncée des Républicains perturbe l'équilibre naturel de cette démocratie. Les citoyens doivent pouvoir choisir leur avenir collectif: il faut regretter l'absence d'une option solide pour les gens qui sont à la droite du spectre politique car du débat surgit la lumière et la sagesse.

Avec Hillary Clinton, le Parti démocrate compte sur une politicienne aguerrie, rompue au débat public. Mais une femme aussi au lourd bagage, qui doit se défendre et défendre 16 années de gouvernance démocrate - les huit de son mari Bill Clinton et les huit de Barack Obama. Elle ne doit pas jouir d'un chèque en blanc jusque vers la Maison-Blanche sans que soit testé son programme électoral.

Les Américains devraient débattre sur leur réseau de santé, élaborer leur relance économique, discuter du rôle des États-Unis dans le monde. 

À la place d'un test d'idéologies et de solutions, elle fait plutôt face à un barrage d'insultes et de sous-entendus - comme l'épithète «Crooked Hillary». M. Trump a même dépassé les bornes lors du débat de dimanche en annonçant que s'il était élu, il chargerait le gouvernement de faire enquête sur de possibles bris de sécurité nationale en rapport à ses courriels personnels pendant qu'elle était secrétaire d'État. Nous voyons ces menaces d'emprisonnement dans des «républiques de bananes» où le gagnant a tous les droits, incluant celui de faire interner ses adversaires.

Cela est indigne d'un candidat à la présidence des États-Unis.

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