Les catastrophes de Phénix

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La ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, a récemment affirmé que le gouvernement fédéral paiera ce qu'il faudra pour dédommager ses employés. Ces coûts seront sans aucun doute plus élevés qu'anticipés, prédit notre éditorialiste.

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ÉDITORIAL / Depuis plusieurs mois, le fouillis du système de paie Phénix a pris des airs de catastrophe. Catastrophe pour des dizaines de milliers d'employés dont les salaires sont mal versés, ou même souvent, ne sont pas versés du tout. Le service nage dans l'approximation totale. Catastrophe pour l'administration fédérale qui a mené on ne peut plus mal ce qui devrait être un acquis face à ses travailleurs : leur verser le salaire et autres avantages qui leur sont promis. Catastrophe pour les contribuables qui seront les dindons de cette farce parce que ce sont les Canadiens qui, en bout de ligne, paieront l'incompétence et la mauvaise gestion entourant le dossier Phénix.

À moins d'un mois de la date-butoir que le gouvernement s'est lui-même fixée l'été dernier, il est évident que les 40 000 quelque cas qui demeurent en voie de résolution ne le seront pas avant le 31 octobre. Il est difficile de savoir précisément où le fédéral en est rendu, ce que déplorait entre autres l'Alliance de la fonction publique du Canada dans nos pages, hier, mais au rythme très approximatif de 10 000 cas réglés par mois, ce sera un miracle si tout est ficelé avant la fin de 2016. 

Car si au moins les cas se réglaient pour de bon ! Chaque semaine semblent émerger de nouvelles erreurs.

Assez rapidement, il est devenu limpide pour tous que l'implantation du système de paie Phénix nécessiterait l'embauche de centaines de travailleurs temporaires pour s'attaquer à la somme de boulot qui s'accumulait. Cette petite armée est venue rogner considérablement dans les économies d'échelle qui étaient anticipées avec Phénix. Les coûts de transition, estimés d'abord à 25 millions $, ont doublé depuis, à 50 millions  $. Sur une facture globale de 300 millions $.

La ministre fédérale des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, a rassuré les victimes du système. S'il faut aller au-delà des sommes prévues, hé bien soit. « S'il faut qu'on dépasse, on dépassera », a confié Judy Foote sur les ondes de la radio de CBC, le mois dernier.

Ça va dépasser, c'est certain. 

Car même ceux qui ont été payés en trop auront des réclamations. Plusieurs ont reçu des milliers de dollars en trop - s'ils sont sages, ils les auront mis de côté pour remboursement à l'État. Mais ils risquent de devoir payer trop d'impôt, à partir de déclarations T-4 erronées. Cela finira bien par se corriger, mais il faudra probablement encore des mois pour faire le ménage dans tout cela. Quant à ceux qui auront dû négocier de nouveaux arrangements avec leurs créanciers - pensons aux hypothèques, notamment -, il faudra voir combien facilement l'État fédéral pourra les compenser sans qu'ils n'aient de taches à leurs dossiers de crédit pour non-paiement de leurs mensualités.

Enfin, il y a la manière que se règlent les cas. Au rythme où la direction presse la machine pour finaliser les dossiers, on comprendra que les préposés au système Phénix ne mettent pas toujours des gants blancs pour aviser les fonctionnaires des correctifs qui sont appliqués. Pourtant, on s'attendrait à un peu de délicatesse et d'entregent face à ces victimes innocentes d'un cafouillage informatique.

Un jour, les Canadiens sauront le fond de cette histoire concernant Phénix. Ce n'est peut-être que l'oeil inquisiteur du Vérificateur général du Canada qui saura faire la lumière et distribuer les blâmes.

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