Une mine, c'est plus qu'un trou

Jadis l'un des plus grands sites d'extraction de... (Benoit Sabourin, LeDroit)

Agrandir

Jadis l'un des plus grands sites d'extraction de quartz et feldspath au Canada de 1924 à 1972, la mine Wallingford-Back a toujours attiré les curieux à Mulgrave-et-Derry.

Benoit Sabourin, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Dans un coin reculé de la Petite-Nation, une ancienne mine désaffectée depuis 1972 attire de multiples curieux qui y viennent, hiver comme été, pour admirer la beauté des lieux.

Si l'on se fie aux vives réactions des quelques résidants de Mulgrave-et-Derry, ils créent des bouchons et leur empoisonnent une existence qu'ils souhaitaient paisible. Mais la principale solution proposée est de simplement dynamiter l'endroit ?

Cette année, c'est comme si les vannes s'étaient soudainement ouvertes. Un dimanche du mois d'août, il y a eu jusqu'à 200 véhicules garés sur ce chemin conçu pour une poignée de citoyens de cette minuscule municipalité située à une vingtaine de minutes au nord de Buckingham. Même si le lieu est difficile d'accès, tous ces aventuriers de la ville vont y découvrir ce que la nature a réclamé de ce qui fut, il y a longtemps, la plus importante mine de quartz en Amérique du Nord, selon certaines sources. L'eau s'est infiltrée et la lumière qui s'y reflète a séduit un public dont la curiosité a été piquée par un reportage sur les ondes de CTV sur les attraits insoupçonnés du Canada, le 1er janvier dernier. 

Les gens vont s'y baigner, certains y font de la plongée sous-marine. L'hiver s'y déroulent des parties de hockey comme antan, sur un étang naturel. Des photographes amateurs immortalisent l'endroit pour le partager sur les médias sociaux, et au moins un professionnel y a trouvé un cadre enchanteur pour des photos de mariage.

La mine Wallingford-Back est située sur des terres qui appartiennent au ministère québécois des Ressources naturelles, mais administrée par la municipalité de Mulgrave-et-Derry.

Dans un reportage de notre collègue Benoît Sabourin, le mois dernier, on sent bien le maire Michael Kane à bout de ressources avec ce trou qui cause des soucis à ses concitoyens. Le député de Papineau, Alexandre Iracà, a débloqué un petit budget pour policer les lieux, l'été passé, mais ça ne règle pas le problème à la source.

Mercredi s'est tenue une rencontre exploratoire sur la mine avec quelques partenaires intéressés. C'est une bonne chose que Tourisme Outaouais ait été invité : il y a un réel besoin d'analyser ce lieu avec des yeux neufs. 

Trois problèmes doivent être étudiés. À court terme, il y a la sécurité des résidants, dont les voies d'accès sont bloquées aux véhicules d'urgence, et des visiteurs. Les clôtures installées par le ministère ne résistent pas aux assauts des curieux. À plus long terme, il faut réétudier le potentiel récréotouristique de la mine, s'il existe réellement. L'effet de mode s'estompera peut-être aussi subitement. Un premier exercice du genre, en 2005, n'avait pu identifier un partenaire qui aurait pu aménager les accès et peut-être les mettre en valeur. Pour le moment, c'est toujours le laisser-aller et pas tous les usagers démontrent un savoir-vivre exemplaire, à en juger par les déchets qu'ils laissent traîner. Parallèlement, si la mine doit être convertie en attrait touristique, il faudra améliorer la route qui y mène, ainsi que la signalisation. 

Tout cela écarte la « solution finale » que proposent certains : le dynamitage pur et simple de la mine Wallingford-Back. Détruire ce lieu serait ridicule à ce moment-ci. Peut-il s'inscrire dans le patrimoine naturel de l'Outaouais, au même titre que la caverne Laflèche ? Nous n'en sommes pas là. Mais ce n'est pas en effaçant ce bout d'histoire industrielle que l'on règle le dossier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer