Enfin sans filtre

Les deux principaux candidats à la présidence américaine... (Mary Altaffer, Associated Press)

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Les deux principaux candidats à la présidence américaine ont finalement pu débattre, face à face.

Mary Altaffer, Associated Press

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ÉDITORIAL / Le premier débat présidentiel de la campagne américaine marque le dernier droit avant l'élection de novembre. Après un an d'attaques par médias interposés, Donald Trump et Hillary Clinton se sont enfin affrontés, lundi, directement, presque sans filtre.

Et les Américains ont pu se faire une meilleure idée sur qui doit occuper la Maison-Blanche pour les quatre prochaines années car les deux candidats, républicain et démocrate, ont été fidèles à l'image qu'ils ont tenté de montrer pendant leur campagne aux quatre coins des États-Unis. 

Ils feront leur choix dans six semaines pendant que des gens les observent d'un peu partout, comme au Canada.

Car le choix des Américains pour la présidence aura un impact sur nous, voisins du nord, et peut influencer la vie des populations partout dans le monde.

Les deux candidats ont été fidèles aux positions qu'ils ont défendues, lundi comme depuis un an, quoique dans un cadre plus respectueux et officiel.

M. Trump a paru le plus affecté par cet environnement où tout est scripté, décidé, négocié à l'avance, incluant un auditoire à qui l'on avait demandé de ne pas réagir pendant les 90 minutes du débat. Ils ont presque réussi.

L'homme d'affaires a plutôt paru effacé, discret, presqu'intimidé, alors qu'il est habitué à parler devant des supporters survoltés qui l'encouragent à lancer des épithètes intolérants, parfois carréments insultants. Ça le stimule et il en remet.

Là, dans cet environnement feutré, il a paru hors de son élément. Ça lui a pris plus de 75 minutes avant de retrouver son ton guerrier, revanchard, accusateur.

Ce qui était tout à l'opposé de Hillary Clinton, cette vétéran de la politique américaine, qui est plutôt habituée à ces conférences et ces échanges d'idées. Elle paraissait bien plus à l'aise, même si elle n'a pas le sens du spectacle et de la répartie comme son adversaire. 

Ce n'est qu'à la toute fin, dans les 10 dernières minutes, que les deux belligérants ont chacun lancé quelques attaques qui ont fait monter la tension dans la salle et sans doute, chez les quelque 100 millions d'Américains qui prévoyaient regarder, lundi, le premier de ces trois débats. 

Dans les villes industrielles de « Middle America », Donald Trump aura-t-il réussi à se porter comme le défenseur de ces millions de travailleurs bafoués par la crise financière de 2008 et l'exil des usines vers l'Asie ou le Mexique ?

Cela reste à voir mais ces gens ont de la difficulté à se retrouver en une Hillary Clinton qui incarne, qu'elle le veuille ou non, trois décennies du pouvoir central d'un Washington qui n'a pas su les défendre.

M. Trump comme Mme Clinton ont soutenu que leur plan saura mieux défendre les emplois américains.

M. Trump veut baisser les impôts des entreprises, un déjà-vu des années de régime républicain sous les Bush père et fils et Ronald Reagan.

Mme Clinton leur a rappelé que ça n'avait pas fonctionné la première fois, sauf pour enricher les plus fortunés. Mais a-t-elle un meilleur plan à proposer ? Ou ne souhaite-t-elle que de perpétuer les politiques de son mari Bill Clinton, dans les années 1990, et celles de Barack Obama, depuis 2008 ? 

Rendez-vous dans quelques semaines pour la suite et la fin de ce roman-savon politique.

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