Université franco-ontarienne: la prochaine étape

Une centaine de personnes s'étaient rassemblées devant Queen's... (Michelle Siu, Archives PC)

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Une centaine de personnes s'étaient rassemblées devant Queen's Park, en février dernier, pour réclamer la création d'une université franco-ontarienne.

Michelle Siu, Archives PC

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ÉDITORIAL / Les impatients auront maugréé une autre fois, hier, avec l'annonce de la création d'un « Comité de planification pour une université de langue française » en Ontario.

Il est vrai que le gouvernement de Kathleen Wynne ne se démarque pas par son empressement à agir dans ce dossier qui fait l'objet d'espoirs depuis des années, voire des décennies en Ontario français. Il a mis quatre mois avant de rendre public le rapport du comité consultatif sur la question. Il l'avait en main en février, il ne l'a publié qu'en juin. Et il a mis trois autres mois pour concrétiser cette nouvelle étape.

Mais les choses avancent. Sans doute pas aussi vite qu'espéré, mais elles avancent. Il est crucial de ne pas brûler les étapes.

En juin dernier, donc, le gouvernement a rendu public le rapport du comité consultatif. La recommandation était limpide : tout avait du sens. Il y a bel et bien une demande pour l'enseignement postsecondaire en français à et autour de Toronto, ainsi que dans la vaste région du centre-sud-ouest à laquelle le Commissaire des services en français, François Boileau, avait fait référence dans un rapport accablant en 2012. C'est ce qui avait mis le feu aux poudres à l'époque et placé la filière bien en vue sur le bureau de la ministre responsable des Affaires francophones.

Hier, le gouvernement a annoncé le début d'une nouvelle étape. Après avoir validé le concept de façon générale, il confie à un comité présidé par Dyane Adam le mandat de déterminer sa mise en oeuvre. D'ici six mois, l'ancienne principale du Collège Glendon - et ex-Commissaire aux langues officielles - suggérer au gouvernement des éléments bien précis du fonctionnement de cette future université. Sur la liste des thèmes qui feront l'objet de recommandations précises : le modèle de gouvernance, l'étendue des programmes qui pourraient y être offerts, les partenaires et alliés, un budget de fonctionnement, quelques lieux potentiels dans la région de Toronto. Mme Adam sera épaulée par cinq personnes au sein de ce comité, ainsi qu'une petite équipe de fonctionnaires. 

Tout au long du printemps, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et le Regroupement étudiant franco-ontarien ont espéré la nomination d'un « conseil des gouverneurs transitoire » qui serait chargé de la mise en place de cette future université franco-ontarienne. 

Mais ce serait sauter aux conclusions. Avec son comité de planification, le gouvernement Wynne se laisse toujours une porte de sortie qui lui permettrait, advenant une situation politique incontrôlable, de ne pas aller de l'avant. Ce sera LA grosse décision à prendre. 

Une fois précisé le portrait de l'université franco-ontarienne, il reste au gouvernement de donner l'ultime feu vert. Cela exigera l'injection d'environ 60 millions $ récurrents pour son fonctionnement, une somme colossale à une époque où l'Ontario se débat encore avec un déficit de 5,7 milliards $, selon le dernier budget. Le gouvernement de Kathleen Wynne a promis le retour à l'équilibre budgétaire en 2017-2018 : cela veut dire qu'il pourrait imposer encore un régime d'austérité l'an prochain. En même temps, est-il logique de s'attendre à 60 millions $ d'argent neuf pour créer une nouvelle université ? Ce sera au gouvernement de décider. Peut-être préférera-t-il attendre à 2018, année électorale, pour ce genre d'annonce. 

Mais c'est penser un peu trop loin.

Pour le moment, le dossier chemine. Chaque étape doit être franchie. Gardons l'espoir... et la pression.

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