Le lourd mandat d'une jeune élue

Bardish Chagger... (Archives Le Quotidien)

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Bardish Chagger

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ÉDITORIAL / C'était journée de rentrée parlementaire à Ottawa et dans quelques semaines, le gouvernement de Justin Trudeau célébrera le premier anniversaire de son élection. On a largement fait état du fait que les libéraux se sont surtout concentrés sur l'image et le style jusqu'ici, et que leur bilan est encore bien mince.

De fait, ce gouvernement, M. Trudeau en tête, s'est largement concentré à changer le discours national, au pays et sur plusieurs tribunes internationales, comme le premier ministre le faisait aux Nations Unies, hier. Plusieurs consultations sont en cours et certains résultats devraient se faire connaître au cours de la présente session parlementaire. Il est temps.

Cette rentrée met en lumière l'une des premières recrues de Justin Trudeau, Bardish Chagger.

À peu près inconnue il y a un an, cette Canadienne de 36 ans, d'origine indienne, a été promue à une fonction cruciale bien qu'effacée, celle de leader parlementaire en Chambre. Sur elle repose maintenant le calendrier des travaux parlementaires. Elle a succédé à Dominic LeBlanc qui se concentrera sur son rôle de ministre des Pêches, Océans et de la Garde côtière, hérité lorsque Hunter Tootoo a démissionné du cabinet en raison d'une double problématique de dépendance et d'inconduite sexuelle avec quelqu'un de son équipe.

L'hiver dernier, tous croyaient que M. LeBlanc était parfaitement taillé pour devenir le quart-arrière de son gouvernement comme leader parlementaire. Fier de 15 années en Chambre, il était rompu aux travaux parlementaires. À l'instar du président de la Chambre, Geoff Regan, qui voulait moins d'insultes et plus de politesse entre élus, M. LeBlanc en avait reçu le mandat exprès. 

Quelques semaines plus tard, les libéraux ont commencé à montrer des signes d'exaspération devant la lenteur de débats parlementaires. Il y a eu le triste épisode de la mi-mai lorsque M. Trudeau s'est immiscé parmi un groupe de députés néo-démocrates qui faisaient obstruction au whip conservateur Gordon Brown. Le premier ministre a accidentellement bousculé la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau au passage, une hérésie dans l'enceinte sacrée du Parlement. Plus encore, le débat sur le projet de loi C-14 sur l'aide médicale à mourir s'étirait alors que la Cour suprême avait imposé la date butoir du 6 juin. La proposition de M. LeBlanc ? La « motion 6 », qui limiterait le temps de parole des élus. Il a fallu de fortes pressions pour faire reculer le gouvernement et les quolibets ont fusé. Pour des libéraux qui voulaient diriger d'une manière différente des conservateurs, plus ouverte aux doléances des partis d'opposition, c'était bien mal parti.

C'est dans ce contexte que Bardish Chagger a hérité de son nouveau poste. Elle a fait une belle impression jusqu'ici, mais le leader parlementaire en Chambre exige une grande connaissance des procédures, ce qu'elle n'a pas. On la dit bien entourée et hyper-travaillante, et elle a sans doute passé le dernier mois à se familiariser avec tout ça. Ce n'est pas à la première journée de la rentrée parlementaire que les Canadiens pourront apprécier si elle a bien appris ses leçons. Il faudra attendre deux ou trois crises de procédures pour voir si elle réussit à imposer un nouveau style aux travaux de la Chambre qui profiterait d'un peu plus de civisme et de courtoisie - un laxisme décrié depuis longtemps.

Retenez donc ce nom : Bardish Chagger. Elle pourrait être au coeur de la nouvelle politique que Justin Trudeau dit vouloir mettre en place.

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