Pour embellir le Château Laurier

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L'annexe au Château Laurier proposé par ses propriétaires ne rend pas justice au bâtiment, croit notre éditorialiste.

Courtoisie

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ÉDITORIAL / Il faut se réjouir que les nouveaux propriétaires du Château Laurier désirent investir dans cette institution de la capitale. Cela dit, les plans préliminaires qu'ils ont dévoilés, cette semaine, ne lui rendent pas justice ; les architectes doivent retourner à leur planche à dessin et refaire leurs devoirs comme l'ont suggéré plusieurs, dont le maire d'Ottawa Jim Watson.

Le Canada n'a pas une longue histoire. Si le pays veut éviter le piège de toujours viser le renouveau, il faut valoriser nos « vieilles pierres », les restaurer et les mettre en valeur. Les voyageurs s'extasient devant le charme de la Vieille Europe, ou même du Vieux Québec, plus près de nous. Ce n'est pas en démolissant systématiquement nos constructions du passé, en les défigurant ou en cédant au goût des modes passagères, que la capitale cultivera ses attraits.

Un édifice centenaire comme le Château Laurier mérite les mêmes égards que son voisin, le Parlement canadien. On réalise cependant que contrairement aux édifices de la Colline, ce patrimoine repose entre les mains d'investisseurs privés qui doivent y trouver leur compte au plan financier. Leur volonté d'ajouter à l'offre touristique par de l'hébergement de moyenne et de longue durée envoie un signal positif : la société Larco Investments, de Vancouver, croit en l'avenir d'Ottawa comme destination voyages. Son plan prévoit l'ajout de quelque 200 unités d'habitation et d'une place extérieure. Cela doit être érigé sur la partie nord du terrain, adjacente au parc Major, là où est situé le stationnement. Ce dernier doit être réaménagé au sous-sol. 

Selon les premiers plans déposés, les travaux s'amorceraient à l'automne 2017 - après les festivités du 150e anniversaire de la Confédération -, et se termineraient avant 2020.

Larco Investments n'a pas voulu avancer de somme quant à cette initiative, se bornant à dire qu'elle serait « substantielle ». Mais il faut nécessairement parler de quelques dizaines de millions de dollars, compte tenu de leur ampleur.

Le propriétaire s'est vanté que les plans qui ont abondamment circulé cette semaine offraient « une interprétation moderne du caractère patrimonial du Château ». À son avis, cela serait réussi par l'utilisation d'une pierre similaire, de verre et de cuivre.

Mais pour le design architectural, on repassera. Les deux énormes blocs rectangulaires n'ont, de fait, que la pierre pour rappeler le caractère majestueux du Château Laurier. La proposition ne rappelle en rien ses pignons caractéristiques ni la patine du vieux cuivre des toits. Sa masse volumétrique et ses lignes droites et froides ressemblent à plusieurs autres édifices modernes de la capitale et d'ailleurs.  

Les réactions immédiates du public sont d'ailleurs très majoritairement négatives. Le tollé sur une plateforme sociale comme Facebook est incessant. Une consultation populaire sur le site Internet de la société d'État CBC ne récoltait que moins de 8 % d'appuis sur près de 20 000 votes, hier, contre 78,5 % résolument opposés.

Le projet préliminaire de Larco sera nécessairement rejeté. La Ville d'Ottawa et la Commission de la capitale nationale jouissent d'un pouvoir d'approbation des travaux et elles ne peuvent les autoriser sous leur forme actuelle.

Le mariage des vieilles pierres patrimoniales avec l'architecture moderne, composée à la réalité commerciale et financière, relève du tour de force. C'est pourtant à cela qu'est confronté le Château Laurier s'il veut être aussi grandiose dans un autre siècle.

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