La justice, une autre oubliée

Le palais de justice de Gatineau.... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le palais de justice de Gatineau.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / En Outaouais, les délais sont déraisonnables pour tenir un procès avec jury. Pour essayer de respecter les directives de la Cour suprême en la matière, des accusés voient donc leur procès déménager dans d'autres régions.

Ainsi, l'accusé dans le cas du meurtre d'Angela Distasio, en avril 2014, à Aylmer, aura son procès au printemps prochain, à Valleyfield. Si les procédures étaient demeurées à Gatineau, cela aurait signifié une année de plus... soit quatre ans entre la tragédie et le début du procès.

Plusieurs seront étonnés d'apprendre qu'il faille attendre si longtemps pour dénouer une affaire somme toute assez simple.

Nous ne sommes pas ici devant le procès qui a fait suite à l'opération SharQc qui impliquait plus de 100 motards criminalisés. Le nombre d'accusés, la complexité et l'énormité du dossier avaient rendu le travail du tribunal extrêmement difficile et les accusés ont été blanchis ou reconnus coupables de délits moindres. 

Ce n'est pas le cas dans plusieurs cas d'accusation de meurtres qui traînent en longueur en Outaouais.

La ministre de la Justice, cependant, n'a aucune raison d'être étonnée de tous ces délais concernant le cours de la justice au Québec, et en Outaouais en particulier. Stéphanie Vallée représente la circonscription de Gatineau à l'Assemblée nationale et elle est la ministre responsable de l'Outaouais au sein du cabinet de Philippe Couillard. 

Quelques mois après sa nomination comme ministre, en avril 2014, elle prenait la parole devant le Barreau de l'Outaouais. Elle avait tenté de les rassurer en disant qu'elle avait « bien entendu vos messages ».

Les espoirs de l'Outaouais envers Mme Vallée étaient élevés. Ils s'attendaient à beaucoup de cette ministre de la Justice, une première pour la région. 

Aujourd'hui, deux années plus tard, la déception est grande chez certains. Plusieurs causes non résolues à ce moment-là le sont toujours. Comme dans le cas Distasio, la seule manière que le système a trouvé pour combler ses déficiences aura été d'appeler le reste du Québec en renfort. 

Juges, avocats, justiciables et leurs proches se croisent dans les couloirs des cours de justice de Gatineau, de Mont-Laurier, Campbell's Bay et de Maniwaki. Il y a eu quelques étincelles qui n'ont par bonheur pas causé de tort aux responsables du système de justice, mais il ne faut pas attendre un incident qui aurait pu être évité. Des travaux sont réalisés pour faciliter la vie d'un Palais de justice à Gatineau qui n'a pas été conçu pour ces fonctions. La ministre Vallée demeure muette devant les appels pour un vrai Palais de justice. Quant à la nomination de juges, ça traîne en longueur. Ça ne lui semble pas grave, ni à son gouvernement, ces attentes indues.

Finalement, c'est comme en santé et en éducation. Des malades de l'Outaouais s'exilent quelques heures, quelques jours pour subir des tests ou des opérations dans d'autres hôpitaux du Québec parce qu'ils n'en peuvent plus d'attendre. En silence, ils assument les frais de déplacement et toutes les petites dépenses qui vont avec. Des étudiants de l'Outaouais s'exilent dans d'autres régions pour s'inscrire à un programme collégial ou universitaire qui tarde à être offert à Gatineau. Ou tout ce beau monde traverse vers l'Ontario pour soigner ses bobos dans un hôpital ou dans une clinique sans rendez-vous, ou s'y inscrire au collège ou à l'université. 

Quelqu'un a-t-il pensé à un statut particulier pour la justice en Outaouais ?

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