Les dépenses discrétionnaires

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Quelques contribuables auront réagi fortement à l'ampleur des dépenses des conseillers de Gatineau pour des frais de « recherche et communication ». Ils ont raison de se poser des questions.

Les enveloppes discrétionnaires des élus servent à défrayer toutes sortes de dépenses qui se classent difficilement dans les colonnes de la comptabilité municipale : billets et contributions diverses lors d'événements de bienfaisance, appui à des initiatives de quartier, frais d'activités partisanes, etc. Cela inclut aussi des déboursés pour diverses activités de recherche, de rédaction de discours, de gestion des sites web et de médias sociaux, des honoraires pour représentations, etc. Une « très large » définition, reconnaît le président du conseil, Daniel Champagne.

Au total, pour l'ensemble des élus de Gatineau, la somme frôle les 80 000 $ pour les six premiers mois de 2016, a révélé dans LeDroit le collègue Mathieu Bélanger. 

Si les contribuables ont raison de questionner ces déboursés, c'est que cela a parfois été le véhicule par lequel transitent des dépenses douteuses, ou carrément non admissibles. Le sénateur Mike Duffy s'en servait pour payer sa maquilleuse, par exemple, ou les services d'un ami qui suivait l'actualité de l'Île-du-Prince-Édouard pendant que M. Duffy siégeait à Ottawa. Ce pourrait être des dépenses bidon qu'un élu ne s'y serait pas pris autrement.

Dans le cas de Gatineau, la ventilation des dépenses étonne. Trois élus n'ont carrément rien déboursé en six mois alors que d'autres consacraient en moyenne 200 à 250 $ par semaine à de telles dépenses. Les responsabilités reliées à la présidence d'une commission municipale peuvent certainement justifier les dépenses supplémentaires de gens comme Myriam Nadeau et Richard Bégin. Mais la parcimonie qui caractérise Gilles Carpentier, l'un des plus occupés à table du conseil, détonne, avec son budget zéro.

En guise de comparaison, il sera intéressant de regarder du côté d'Ottawa. 

L'an dernier, chaque conseiller avait à sa disposition un budget de 247 717 $ pour l'ensemble de ses dépenses. Plutôt que de partager du personnel de secrétariat, chaque élu puise dans cette enveloppe les salaires de son personnel politique, deux personnes généralement. Le reste de l'argent sert à défrayer les dépenses générales de bureau, des dons à des organisations locales, ou des repas-bénéfice, des frais de transport, des coûts de communications, etc. 

Collectivement, nous parlons donc d'une enveloppe 5,7 millions $ pour les 23 conseillers, plus 812 000 $ supplémentaires pour le cabinet du maire Jim Watson.

Gatineau a consacré 80 000 $ en six mois, disons entre 150 000 et 200 000 $ sur toute une année. Il est vrai que les conseillers gatinois se partagent du personnel administratif. 

Il faut éviter toute comparaison imprudente parce que des postes budgétaires diffèrent de l'une à l'autre. Sans oublier que les élus d'Ottawa doivent répondre à près de 900 000 résidants, trois fois plus qu'à Gatineau. On peut présumer que ceux d'Ottawa doivent composer avec trois fois plus de demandes auprès de leur bureau.

À première vue et toutes proportions gardées, il semble donc que les contribuables de Gatineau en ont bien plus pour leur argent. Leurs yeux scrutateurs n'en sont pas moins utiles pour garder leurs représentants sur leur garde. Ultimement, les électeurs auront le dernier mot sur la performance de leur mandataires, et sur la manière qu'ils dépensent les fonds publics, discrétionnaires ou non.

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