Un essentiel redémarrage

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne... (ETIENNE RANGER, Archives LeDroit)

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La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne

ETIENNE RANGER, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Kathleen Wynne a bien fait d'annoncer un discours du Trône dès lundi, le premier jour de la rentrée parlementaire en Ontario. Il ne lui reste plus qu'à trouver, dans les trois jours qui restent, deux ou trois solides idées maîtresses pour colorer son gouvernement.

Depuis des mois, son administration manque d'initiative et d'enthousiasme. Comme s'il était sur le pilote automatique, une bien mauvaise idée pour une province qui a encore tous les outils pour être le moteur économique du pays, mais qui ne parvient pas à se redresser depuis la crise financière de 2008. 

Car il demeure bien difficile de qualifier ce gouvernement Wynne. Il n'est pas certainement pas celui de l'équilibre budgétaire, comme le Québec sous Philippe Couillard l'a été - quoiqu'on en pense.

Le déficit de l'Ontario atteint encore les 7,5 milliards $. Le gros effort de redressement après le déficit record de 19,2 milliards $, l'année qui a suivi la crise de 2008, s'est fait sous Dalton McGuinty. Depuis que Mme Wynne est aux commandes, le déficit n'a à peu près pas bougé... si l'on enlève les revenus de la vente de Hydro One. Seuls les bas taux d'intérêt permettent à l'Ontario de limiter la croissance de sa dette de 325 milliards $.

Alors, quelle est la marque de commerce du gouvernement Wynne ?

Chaque gouvernement tente de se démarquer. Mike Harris, au milieu des années 1990, a voulu mettre fin aux années dépensières des néo-démocrates de Bob Rae qui l'a précédé. Le libéral Dalton McGuinty a voulu ramener la paix sociale après des années d'affrontements tumultueux sous M. Harris. Il a aussi annoncé son intention de mettre fin aux polluantes centrales au charbon, un grand pas pour un environnement plus sain. 

Que ces chefs d'État aient réussi, totalement, partiellement ou pas du tout, nourrira une discussion un autre jour. L'idée est qu'ils ont marqué leurs gouvernements d'une couleur particulière. Et quelle est donc celle du présent gouvernement ? On peine à le dire.

Depuis l'élection des libéraux au fédéral, on perçoit un désir à Queen's Park de s'arrimer avec le programme d'infrastructures promis par Justin Trudeau. 

Pour le reste, rien, sauf une vide tentative d'être un « bon » gouvernement créateur d'emplois, qui veut bien gérer les finances, même réduire les dépenses de l'État... sans trop que cela ne paraisse et n'affecte les services publics. 

Que retient-on des derniers mois, outre la vente d'Hydro One ? De timides projets pilote pour la vente de bière et de vins dans les épiceries ? Quoi d'autre ? Bien peu de choses.

Mme Wynne dispose de 20 mois avant les prochaines élections générales. Une partie de sa victoire électorale en 2014 ne s'explique que par la déconfiture de ses maladroits adversaires Tim Hudak et Andrea Horvath. La timide faveur populaire qui l'a portée au pouvoir est en train de lui échapper. La victoire d'un candidat conservateur de 80 ans - pour le renouveau de l'équipe de Patrick Brown, on repassera ! - dans la partielle de Scarborough-Rouge River, la semaine dernière, doit être source d'inquiétude au Parti libéral de l'Ontario. 

Kathleen Wynne fait bien de remettre le compteur à zéro avec un discours du Trône. C'est une occasion de montrer les nouvelles idées de son gouvernement. S'il en a. Sinon, les Ontariens concluront qu'elle n'aura pas su combattre la fatigue qui afflige tous les gouvernements... après un seul mandat.

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