Les fossés se creusent

La stratégie économique divise déjà les candidats déclarés... (Eduardo Lima, Archives PC)

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La stratégie économique divise déjà les candidats déclarés à la chefferie du Parti conservateur, comme Maxime Bernier. Pendant ce temps, quelques leaders d'opinion du parti veulent ramener des éléments de conservatisme social.

Eduardo Lima, Archives PC

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ÉDITORIAL / Un parti qui se cherche un nouveau chef expose ses lignes de fracture les plus évidentes. En pleine course à la direction, le Parti québécois vit ce dilemme alors que les quatre candidats restants sont profondément divisés sur la stratégie référendaire à adopter.

Au fédéral, le Parti conservateur n'a pas qu'un fossé à combler, mais deux. 

D'un côté, la stratégie économique divise les candidats déclarés, ainsi que les nombreux autres qui songent encore à se lancer. À l'extrême droite, Maxime Bernier provoque les débats en prônant la fin des outils fédéraux de réglementation de diverses industries. S'il est élu, il désire mettre fin au régime de gestion de l'offre dans le secteur alimentaire, privatiser Postes Canada et abolir le CRTC, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qui régule les ondes utilisées par les radios, les télés, les fournisseurs d'Internet et de téléphonie cellulaire. La plupart des autres candidats militent pour des idées moins tranchées au plan économique.

L'homme d'affaires Kevin O'Leary, qui demeure flou quant à ses intentions politiques, n'est pas aussi précis sur de tels enjeux, mais il se place lui aussi à la droite de son parti.

Pendant ce temps, quelques leaders d'opinion du parti veulent ramener des éléments de conservatisme social. Il faut parler ici d'avortement, de mariage des gens du même sexe, de la peine de mort, etc. 

Parmi eux se retrouve Pierre Lemieux, l'ex-député conservateur dans Glengarry-Prescott-Russell entre 2006 et 2015. Il a toujours été discret sur ses liens avec la droite religieuse: plus maintenant. Il a récemment confirmé son intention de se joindre à la course, mais n'a pas encore complété le processus. Il n'est pas le seul issu de ce spectre sociopolitique: son collègue Brad Trost, de la Saskatchewan, tient le même discours.

La semaine dernière, Kellie Leitch a ouvert le front des «valeurs anti-canadiennes», proposant de choisir les immigrants en fonction d'évaluations à ce chapitre. C'est rebelote pour la députée de Simcoe-Grey depuis 2011; pendant la campagne électorale de 2015, elle avait lancé l'idée d'une ligne téléphonique de dénonciation de «pratiques religieuses barbares». L'idée a fait chou blanc et au printemps dernier, Mme Leitch a reconnu que c'était une mauvaise idée. Il faut se demander ce qui la motive aujourd'hui à retourner dans la même direction avec sa campagne au leadership.

En 2004, Stephen Harper avait remporté la première course à la direction du Parti conservateur. Il avait unifié ces courants et, pendant presque 10 ans, avait réussi à mettre le couvercle sur la marmite de toutes ces tensions idéologiques. Nous ne pouvons qu'admirer son brio à ce chapitre alors que dès sa retraite politique confirmée, son parti reprend les querelles idéologiques. Ceci rappelle vaguement les divisions qui ont ébranlé le Parti républicain, aux États-Unis, au travers desquelles Donald Trump a su se faufiler.

Le nouveau leader conservateur sera choisi le 27 mai 2017. Plus de neuf mois encore nous en séparent. Il est encore bien tôt et en l'absence d'un candidat vedette qui part favori, plusieurs sentent l'appel de l'ambition. La déception les attend presque tous, tandis que plusieurs sages seront restés sur les lignes de côté.

Pour encore un an, les libéraux de Justin Trudeau auront le champ libre. Car le Nouveau Parti démocratique se retrouve lui aussi sans gouvernail. Le fossé idéologique n'y est pas moins important.

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