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Pour régler les problèmes du milieu de la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Pour régler les problèmes du milieu de la santé en Outaouais d'ici 2023 ou 2024, M. Couillard s'en remet aux réformes de son ministre Gaétan Barrette. Mais pour cela aussi, il faudra attendre un peu.

Patrick Woodbury, LeDroit

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ÉDITORIAL / Philippe Couillard a confirmé la création d'une faculté de médecine en Outaouais, mardi, mais les malades attendront encore longtemps. Très longtemps...

D'abord, il faut construire des locaux au-dessus de l'urgence de l'hôpital de Gatineau, ce qui nous mène à 2020 avant que des étudiants n'y mettent les pieds. Encore un an ou deux avant que les étudiants externes de 3e année - il y en a déjà 12 par an, il y en aura 24 - viennent prêter main-forte aux médecins, qui les superviseront. Entendons nous donc pour 2023, 2024 avant que certains diplômés s'installent définitivement en Outaouais. Cela signifie encore sept ou huit ans d'attente. Si tout fonctionne sur des roulettes jusque là. 

Donc si vous souffrez déjà de douleurs inquiétantes, la solution de cette faculté de médecine n'est probablement pas pour vous. Malgré tout, l'annonce faite en grande pompe par le premier ministre Couillard représente un énorme pas en avant même si l'enseignement en anglais, offert par l'Université McGill, en fait grincer certains.

Les autorités locales militaient pour la création de cette faculté depuis des années. 

Parce que cela améliorera considérablement les chances de recruter et de retenir des médecins dans la région. Il s'agit d'un vieux débat en Outaouais, M. Couillard en parlait déjà lorsqu'il était ministre de la Santé au milieu des années 2000, sous Jean Charest.

Après des années de mobilisation, il avait acheté le concept d'un «statut particulier» pour l'Outaouais, accompagné d'un financement récurrent de 20 millions $ annuellement. Cela devait servir à attirer du personnel médical en Outaouais et à les convaincre de rester. Ces années-là, le réseau ontarien de la santé exerçait une réelle saignée dans les rangs des professionnels - des infirmières jusqu'aux médecins, en passant par les techniciens - en raison de questions salariales et de conditions de travail. 

Le statut particulier a contribué à régler une partie des problèmes. Il y a toujours des départs vers l'Ontario, mais ce n'est plus le raz-de-marée de l'époque.

Mais d'autres problèmes ont surgi. M. Couillard s'est ainsi retrouvé, à peu près 10 ans plus tard, à faire une fois de plus une grande annonce qui doit régler un lot de problèmes dans le réseau de la santé en Outaouais. Dans ce cas-ci, l'effet ne sera pas immédiat. Et les patients devront l'être encore beaucoup: en Outaouais, le jeu de mots est usé et ne fait plus rire personne.

Entre-temps, le premier ministre s'en remet aux réformes de Gaétan Barrette, son ministre de la Santé, qui a bouleversé les règles du jeu pour faciliter l'accès aux médecins. Mais pour cela aussi, il faut attendre encore un peu, pour voir si les lois contraignant des ratios de patients, entre autres, donnent réellement les résultats escomptés.

Pour le reste, l'Outaouais peut aujourd'hui compter sur une nouvelle Maison de naissance, inaugurée en février dernier, et pour l'avenir, sur deux projets de «supercliniques». En Ontario, elles n'ont rien de «super», ce sont des cliniques sans rendez-vous sous les bannières Appletree ou Caremedics, par exemple, et elles soulagent aisément le trop-plein de gens qui n'ont que de petits bobos: douleurs générales, maladies infantiles communes, soucis préventifs, etc. Les actes médicaux sont gratuits et l'attente y dépasse rarement une heure.

Philippe Couillard a toujours eu un ton rassurant. Il l'utilise une fois de plus. Est-ce que cela suffira à rassurer la population de l'Outaouais? La réponse... attendra!

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