Les avancées du bilinguisme

ÉDITORIAL / Un élément de satisfaction et deux gros points... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Un élément de satisfaction et deux gros points d'interrogation sautent au visage dans le récent sondage Nielsen sur les langues officielles au Canada.

Plus de 45 ans après la loi leur conférant un statut particulier au pays, il est d'abord réconfortant de constater que les craintes, les hésitations et la suspicion des anglophones ont largement cédé le pas en faveur d'une reconnaissance générale des langues officielles au pays.

Cela signifie par la bande que le français, du moins au niveau de son égalité en principe au Canada, ne fait plus de doute. Cette ouverture, affirmée plusieurs fois au cours des 25 dernières années, est maintenant totalement confirmée. 

Les Canadiens - et précisons pour la cause, les anglophones - considèrent maintenant que le français et l'anglais sont les deux langues officielles au pays, et que cet état de fait se décline de plusieurs manières. Sauf pour une faible minorité de moins de 20%, tous les Canadiens reconnaissent que le premier ministre devrait être bilingue, que les grands événements internationaux qui se déroulent à l'intérieur de nos frontières devraient l'être dans les deux langues, que le français et l'anglais font partie de l'histoire commune du pays, que les deux langues devraient être enseignées dans toutes les écoles primaires, etc. 

Ces résultats ont de quoi réconforter le Commissariat aux langues officielles du Canada, le commanditaire de ce sondage. 

Mais autant l'appui théorique au bilinguisme apparaît aujourd'hui solidement ancré dans notre psyché collective, tous se gratteront la tête pour comprendre pourquoi le français ne fait pas partie des atouts que possèdent les moins de 35 ans. Ils sont ouverts au français, l'ont côtoyé quelques années à l'école, mais ne font que bien peu d'efforts pour le maîtriser. Certaines réponses trahissent que le français ne fait pas, ou plus, partie de leur univers. Autour d'eux, il n'y a qu'une minorité de gens qui parle le français et que ça ne leur serait pas utile. (Tout en reconnaissant que ça sert à ceux qui voudraient travailler dans la fonction publique fédérale.)

Bref, ils l'ont appris un peu, puis l'oublient... et n'en font aucun cas. 

Comment peut-on appuyer le principe du bilinguisme et faire si peu d'efforts pour le garder? Il y a un mystère là-dessous.

L'autre grande inconnue demeure évidemment la fermeture du maire Jim Watson sur Ottawa comme capitale du Canada. Un peu plus de 12% des 1000 Canadiens consultés par le sondeur sont contre l'idée que la capitale soit bilingue. Trois Canadiens sur quatre estiment donc qu'Ottawa devrait être bilingue. M. Watson n'est pas de ceux-là. Il se retrouve donc en forte minorité ce qui devrait ébranler ses convictions à l'effet que le bilinguisme d'Ottawa fonctionne et que le statu quo suffit. Surtout à la veille du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Depuis au moins deux ans, divers groupes francophones ont multiplié les démarches pour faire débloquer cette impasse. Quelques propositions ont été déposées. Elles devraient apaiser les craintes de certains face aux divers sens associés au «bilinguisme officiel» à Ottawa. Le maire Jim Watson et les conseillers municipaux qui ont encore besoin de preuves à l'effet que le bilinguisme d'Ottawa doit être officiellement reconnu viennent de se faire servir un argument de plus en sa faveur.

À l'action maintenant.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer