Le fragile équilibre

Justin Trudeau est mieux placé que quiconque pour... (Adrian Wyld, PC)

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Justin Trudeau est mieux placé que quiconque pour porter le dossier chinois, simplement parce qu'il peut compter sur l'héritage de son père Pierre Elliott Trudeau.

Adrian Wyld, PC

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ÉDITORIAL / Le maintien des relations Canada-Chine équivaut à marcher sur un fil de fer. Il relève de l'exploit pour le premier ministre que de garder l'équilibre entre tous les enjeux qui caractérisent nos deux pays si différents.

Justin Trudeau est mieux placé que quiconque pour porter le dossier chinois, simplement parce qu'il peut compter sur l'héritage de son père Pierre Elliott Trudeau. En 1970, ce dernier a ouvert la porte de l'Empire du Milieu en normalisant les relations extérieures entre nos deux pays, et la Chine a toujours été reconnaissante de cette audace diplomatique. L'homme d'affaires Jack Ma, le fondateur de la société de commerce électronique Alibaba, l'a d'ailleurs chaudement souligné dans ses paroles d'accueil, mardi, peu après l'arrivée de Justin Trudeau en sol chinois.

Ce n'est pas que les relations Canada-Chine allaient mal. Mais les dirigeants chinois semblent chatouilleux sur certaines choses. 

Stephen Harper a semblé avoir de la difficulté à y tirer son épingle du jeu. C'est lui qui avait accueilli le Dalaï-lama en 2007, irritant les Chinois. Il a joué fort la carte des droits de la personne en début de mandat, une position un peu étonnante pour ce premier ministre qui vantait tant l'importance des échanges économiques. Il a choisi de ne pas aller à l'ouverture des Jeux olympiques de Beijing, en 2008. Ce n'est que l'année suivante, en 2009, qu'il a effectué sa première visite en Chine... et a dû endurer un froid à ses premiers pas. Il a aussi resserré les règles sur les investissements étrangers au Canada après l'achat de Nexen par CNOOC en 2012 - une fort bonne décision sur le fond, car il serait insensé de solder nos ressources naturelles à d'autres.

M. Harper a bien tenté de se reprendre par la suite, y retournant deux fois, en 2012 et en 2014. Peut-être était-ce sa froideur, mais le mal était fait. Le ralentissement économique en Chine a fini le travail.

Trudeau fils n'a pas tardé à mettre la Chine sur son programme. Il a profité d'un sommet du G20, les 4 et 5 septembre à Hangzhou, pour devancer son périple d'une semaine qui l'amènera dans trois autres villes du pays.

Évidemment, son charme naturel agit déjà. Mais il lui faudra évidemment aller au-delà de la politique des selfies et naviguer le fragile équilibre entre commerce et droits de la personne.

Amnistie Internationale lui a d'ailleurs rappelé, mardi, avec une sortie sur l'importance de souligner les droits de la personne dans ses discussions en sol chinois. Mais au lieu de bouder les pays avec lesquels nous partageons cette Terre, il est crucial de maintenir avec eux un dialogue, au-delà de nos différences d'opinions. Il est plus facile de convaincre un ami de changer d'idée qu'un adversaire.

Justin Trudeau a parfois de la difficulté à s'exprimer logiquement, surtout en français, mais lorsque bien préparé, il sait faire couler des paroles rassurantes et empreintes de sincérité. Ce discours d'ouverture avec la Chine, les liens historiques entre nos deux pays et la magie qui opère toujours autour du nom Trudeau lui permettent déjà d'établir, dès ses premiers échanges, un climat positif. C'est bien parti et souhaitons qu'une nouvelle ère s'amorce dans les relations Canada-Chine.

Nos deux peuples ne peuvent que profiter de ces rapprochements, malgré les écueils qui se dressent sur nos routes.

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