Non interventionniste

Le ministre démissionnaire Jacques Daoust... (Archives, La Presse Canadienne)

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Le ministre démissionnaire Jacques Daoust

Archives, La Presse Canadienne

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ÉDITORIAL / Toute la semaine, le Québec n'en a eu que pour RONA, Jacques Daoust et son ex-chef de cabinet Pierre Ouellet. Un vrai roman-feuilleton. Il n'y manquait que le chassé-croisé amoureux!

Le mystère planait sur ce que chacun savait ou non, et quand, et les détails, et les approbations, à propos des actions d'Investissement Québec dans le quincaillier Rona. 

Au fil des jours, les positions à la fois de M. Daoust, alors responsable d'Investissement Québec, et de son gouvernement, sont assez limpides. Le ministre ne voulait pas s'en occuper parce que pour lui et pour les troupes de Philippe Couillard, Québec doit se tenir loin de tout interventionnisme de l'État. La campagne a presque fonctionné. Même LeDroit y a cru, approuvant la transaction avec son éditorial «Rien à faire» (4 février 2016).

De nouvelles informations publiées cette semaine, eignent un tout autre portrait.

Certes, Québec n'a pas à se porter à l'attaque contre toute prise de contrôle d'une société locale par des investisseurs étrangers. En février, il ne nous apparaissait pas essentiel de défendre une chaîne de magasins de matériaux de construction, même si elle équivalait à une perte pour le Québec. 

En 2012, le gouvernement de Jean Charest est intervenu pour bloquer l'achat hostile de RONA par Lowe's. Entre autres en demandant à Investissement Québec d'acheter des actions de RONA. Lowe's a battu en retraite pour diverses raisons, dont la force du dollar canadien et une reprise économique encore faible aux États-Unis. Quatre ans plus tard, le paysage avait changé: le dollar américain avait repris de la vigueur, toute l'économie américaine roulait ferme... et Québec s'était départi de ses actions.

Évidemment, il est facile d'analyser après coup. Mais ceux qui ont cru que RONA n'avait plus besoin de la protection de Québec se sont profondément fourvoyés. Treize mois plus tard, Lowe's revenait à la charge. Les indicateurs économiques avaient tourné au bleu.

Le gouvernement Couillard ne croit pas en la défense des sièges sociaux du Québec. Ni à la défense des milliers d'emplois chez les fournisseurs de RONA qui auront peine à se faufiler sur les tablettes de Lowe's. Voilà le fin mot de cette histoire, et il est bien plus triste que le sort de Jacques Daoust ou la vérité torturée dans son cabinet.

Hôpital de Gatineau... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 2.0

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Hôpital de Gatineau

Etienne Ranger, Archives LeDroit

La pire en Occident?

«Parmi les pires» en Occident: c'est ainsi qu'un coroner a qualifié l'urgence de l'hôpital de Gatineau à la suite de son enquête sur la mort d'un patient atteint de la maladie de Lou Gehrig. Attendre 10 heures à l'urgence à la suite d'une fracture, voilà un délai intolérable pour tous, mais acceptable car les Québécois l'acceptent sans trop rouspéter. Mais c'est carrément inacceptable dans le cas d'une personne fortement handicapée. C'est ce qui a suscité cette enquête du coroner. 

Et qu'en dit le ministre de la Santé? Pas grand-chose. À un problème local, à son avis, Gaétan Barrette dit se satisfaire des assurances des autorités locales que l'on «a pris les mesures appropriées pour corriger». Fin de l'histoire. 

Combien de catastrophes faudra-t-il pour que le gouvernement réagisse?

Pourtant, le moment est propice. Les libéraux ont commencé à réinvestir dans les services publics. Mais il ne faudrait pas que les retards chroniques de l'Outaouais soient niés encore une fois... même si les députés ne risquent pas de perdre leurs sièges tant ils sont sûrs!

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