Le nécessaire dialogue interrives

Le pont Prince-de-Galles, au coeur du projet MOOSE... (Martin Roy, LeDroit)

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Le pont Prince-de-Galles, au coeur du projet MOOSE

Martin Roy, LeDroit

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ÉDITORIAL / Le projet de transport par rail MOOSE est encore très embryonnaire. Pour le moment, il s'agit encore d'un rêve très distant de comment la grande région de la capitale, tant Ottawa, Gatineau et leurs secteurs ruraux, pourraient être connectés par un train de passagers.

Cette vision d'un réseau de transport en commun sur rail pourrait relier quelque 400 km de chemins de fer et connecter tant le réseau du Rapibus, en Outaouais, que le futur réseau de train léger, à Ottawa, et plusieurs communautés de la large couronne, comme Montebello, Bristol, Smiths Falls et Maxville.

Cette idée et portée par l'entrepreneur Joseph Potvin. Elle serait totalement appuyée par le secteur privé. Elle est à des lieues de voir le jour. Mais le simple fait qu'elle émerge et qu'elle persiste depuis plus de trois ans est révélateur. Le concept met en lumière la difficulté pour les autorités locales des deux côtés de la rivière des Outaouais d'imaginer et de livrer un réseau de transport en commun à la hauteur de toute la région, et non pas à la taille de sa communauté locale. 

LeDroit a plusieurs fois appelé les villes d'Ottawa et de Gatineau à mieux travailler main dans la main sur plusieurs dossiers, dont celui du transport. Nous avons aussi appelé la Commission de la capitale nationale à jouer le rôle de coordination régionale pour lequel elle a été créée dès 1927, sous le vocable de «Commission du district fédéral». 

Évidemment, cette coordination est très difficile à mettre en oeuvre.

Les élus municipaux travaillent rarement au-delà de l'horizon électoral de quatre ans, et ne sont redevables qu'à leurs commettants: ils se soucient bien peu des intérêts et des besoins des gens de l'autre côté de la rivière, même si ceux-ci - des milliers de fonctionnaires fédéraux tout particulièrement - la traversent quotidiennement, occupant le transport interrives, bloquant les intersections, encombrant les stationnements. Il y a aussi les astronomiques coûts de financement qui exigent une collaboration des provinces; le Québec et l'Ontario ont chacune leurs priorités. Il est extrêmement difficile d'arrimer tous ces partenaires essentiels.

Même si ce mariage d'intérêts s'avère complexe, il demeure indispensable pour desservir les populations frontalières d'Ottawa et Gatineau.

Au lieu de cela, depuis une dizaine d'années, nous avons vu Gatineau prendre la route d'un réseau de corridors dédiés, baptisé Rapibus. 

Pendant ce temps, Ottawa s'est tourné vers un système de train léger. 

Ni l'une ni l'autre n'a prévu de desserte de la ville voisine. Seul le Rapibus de l'Outaouais peut traverser à Ottawa, mais il emprunte alors la chaussée comme n'importe quel autre autobus. 

Pourtant, il existe une infrastructure comme le pont ferroviaire Prince-de-Galles, que la Ville d'Ottawa a acheté en 2005 pour 12 millions $. Il nécessite 10 millions $ supplémentaires pour une mise à niveau et sans collaboration québécoise, le maire Jim Watson n'a aucun appétit d'y faire des dépenses. Ça se comprend... mais si les relations avec son homologue gatinois Maxime Pedneaud-Jobin sont si cordiales qu'on veuille nous le faire croire, le duo devrait trouver un terrain d'entente. La renaissance planifiée des plaines LeBreton, tout proche, le commande. 

Peut-être que ce projet MOOSE - pour Mobilité Outaouais-Ottawa: Systèmes et Entreprises - ne verra jamais le jour. Espérons quand même qu'il stimulera un dialogue renouvelé sur le transport urbain.

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