Avant la ligne dure...

Il est temps de serrer la vis aux... (Olivier Jean, Archives La Presse)

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Il est temps de serrer la vis aux contrevenants du cellulaire au volant. Mais réfléchissons avant d'opter pour l'interdiction pure et simple de ce qui est devenu un outil de plus en plus essentiel et universel.

Olivier Jean, Archives La Presse

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ÉDITORIAL / Coup sur coup, deux rapports de coroners au Québec partent en guerre contre l'usage du téléphone cellulaire au volant. Deux accidents mortels survenus au cours de la dernière année suggèrent la ligne dure: l'interdiction pure et simple de tout appareil du genre, incluant l'utilisation mains libres.

À la suite du décès du routier Jimmy Brunet-Rotondo, à Laval, en mars dernier, le coroner Michel Ferland recommande à Québec d'augmenter «substantiellement» les amendes et points d'inaptitude pour toute infraction. Il suggère aussi au fédéral de rendre criminel tout accident grave ou mortel provoqué par l'usage d'un cellulaire. 

Quant à la coroner Renée Roussel, elle propose l'interdiction pure et simple d'appareils de téléphonie cellulaire dans les véhicules.

Ces propositions sont drastiques. Ce ne sont pas les premières dans le genre à travers le monde. Depuis que les appareils de téléphonie mobile sont devenus plus accessibles et populaires, des dizaines de gouvernements les ont déjà interdits au volant. La plupart, comme les provinces canadiennes, permettent l'usage mains libres. D'autres interdisent la fonction textage (ou SMS), ou ne permettent que les appels et la fonction de géolocalisation (GPS). Ou encore font la différence entre les usagers individuels et ceux à bord de véhicules commerciaux.

Le Japon les a interdit purement et simplement.

La sécurité routière est au coeur de nos préoccupations depuis des décennies. Les campagnes d'alcool au volant ont donné leur effet. Mais parallèlement, l'émergence de nouvelles technologies a fait de nos véhicules de quasi-ordinateurs. 

De façon extrême, rien ne devrait nuire aux conducteurs. Toute leur attention devrait être consacrée à 100% à la conduite. Sous de telles conditions, la radio devrait être interdite... et même la présence de passagers qui, par leurs gestes ou conversations, peuvent réduire la vigilance des automobilistes. Et que dire des enfants turbulents ou des chiens agités sur la banquette arrière, qui provoquent de multiples regards détournés. Il faudrait aussi interdire aux gens de fumer, de manger et de boire, d'autres gestes qui font en sorte que l'on quitte la route du regard pendant de furtifs instants pour chercher un briquet, pour prendre une tasse ou un fruit, etc. 

Tout peut devenir une source de distraction. Le téléphone cellulaire n'est que le plus récent obstacle sur la liste.

Certes, il ne faut pas en banaliser les risques. Les campagnes de sensibilisation semblent inefficaces... à moins que l'on ne confonde le décuplement des infractions avec la démocratisation des appareils et la multiplication de leurs fonctions. 

La première étape, et la plus simple, repose dans le camp des provinces, qui ont la responsabilité légale dans ce domaine. Elles peuvent, individuellement ou collectivement - une tâche simple pour le Conseil de la fédération -, augmenter les pénalités pour usage de cellulaire au volant, et les standardiser d'une province à l'autre. Au Québec, les amendes vont de 80$ à 100$, en Ontario, de 490$ ou 1000$. Quant aux points d'inaptitude, on en ajoute quatre au Québec, trois en Ontario.

Il est temps de serrer la vis aux contrevenants. Mais pour l'interdiction pure et simple de ce qui est devenu un outil de plus en plus essentiel et universel, donnons encore le temps aux automobilistes d'adopter de meilleurs comportements au volant par des campagnes ciblées de sensibilisation.

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