L'engouement olympique

Avec 22 médailles olympiques, le Canada a de quoi... (Jeff Pachoud, Archives AFP)

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Avec 22 médailles olympiques, le Canada a de quoi être fier de sa performance, en fonction de sa taille, de sa géographie, de son histoire sportive. Et de ses investissements financiers.

Jeff Pachoud, Archives AFP

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ÉDITORIAL / La flamme olympique s'est éteinte à Rio de Janeiro et chacun est maintenant à l'heure des bilans.

Avec 22 médailles olympiques, le Canada a de quoi être fier de sa performance, en fonction de sa taille, de sa géographie, de son histoire sportive. Et de ses investissements financiers.

Avec 37 millions d'habitants, le Canada ne peut compter sur une base de recrutement aussi vaste que les États-Unis, la Chine ou la Russie. Mais il y a bien d'autres critères car sinon, l'Inde aurait récolté bien plus que deux médailles avec son 1,2 milliard d'habitants. 

Les performances olympiques sont avant tout tributaires de l'effort des pays à investir ressources et organisation.

Jusque dans les années 1980, le Canada était un joueur bien peu important aux Jeux olympiques. Nos médailles, quatre ou cinq au maximum à chaque édition, étaient presque des accidents de parcours, un peu comme l'ont été Myriam Bédard et Gaétan Boucher, par exemple. 

La tenue des Jeux d'été à Montréal en 1976, puis ceux d'hiver à Calgary, en 1988, coïncident à un certain éveil des Canadiens aux performances sportives. Nous avons reconnu une importance à gagner des médailles dans des sports jusque là ignorés tant que nous pouvions nous vanter d'être les meilleurs au hockey sur glace et de compter sur quelques bons skieurs de temps à autre. Des sports d'hiver, donc. Pour le reste, c'était bien aléatoire. 

Au cours des 40 dernières années, le Canada a progressivement adopté des stratégies sportives et administratives pour sortir de la cave et se hisser parmi les meilleurs. Cela veut dire viser le top-5 aux Jeux d'hiver - normal compte tenu de notre géographie nordique -, et le top-10 aux Jeux d'été. 

Au lendemain de Rio, nous sommes à peu près là.

Aujourd'hui, nos médailles dépendent de l'appui aux athlètes, de la formation de nos entraîneurs, des budgets d'entraînement et de l'effet d'entraînement que nos médailles passées ont sur les nouvelles générations. Boucher est sorti de nulle part pour gagner ses médailles en patinage de vitesse et depuis, le Canada est une force mondiale dans ce sport. Idem pour les sprints en athlétisme ou le bobsleigh.

Dans les milieux politiques, les succès canadiens servent beaucoup à animer la fierté et raffermir l'unité nationale. Mais cela va beaucoup plus loin. Ils créent un véritable effet d'encouragement chez les jeunes à faire du sport. Mais avant les podiums, les Canadiens doivent avoir accès à des pistes et des piscines, à des sentiers et des gymnases, à des services d'accueil et des clubs qui encouragent simplement à l'activité physique. Cela a un impact majeur sur la santé des Canadiens. C'est l'éternel débat entre le financement du sport pour tous et celui du sport d'élite. 

Les Canadiens contribuent environ 120 millions $ au financement des sports olympiques par l'entremise du programme À nous le podium (Own the podium). Cela a permis de quadrupler le nombre de médailles canadiennes aux Jeux d'été (environ cinq jusqu'en 1980) à une vingtaine aujourd'hui. Du côté des Jeux d'hiver, le Canada a quintuplé le nombre de ses médailles depuis la déconfiture de Calgary en 1988. 

Les Canadiens reconnaissent que nos performances de calibre mondial sont en fonction des millions que nous investissons collectivement dans le sport. Et ils endossent le principe. L'engouement des Canadiens indique que cela ne devrait pas changer...

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