Rio a ouvert la porte du sud

Des anneaux olympiques ont été installés près du... (AFP, Yasutoshi Chiba)

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Des anneaux olympiques ont été installés près du stade de volleyball de plage à Copacabana.

AFP, Yasutoshi Chiba

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ÉDITORIAL / Le Comité international olympique savait bien que de confier les Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro était un pari risqué. Mais il fallait bien commencer quelque part pour intégrer les pays de l'hémisphère sud dans l'organisation de grandes compétitions mondiales. Et malgré les nombreux et inévitables accrocs que provoque une telle entreprise, le Brésil peut dire : mission accomplie.

Le CIO n'est pas une organisation réputée pour ses prises de position audacieuses. On l'a vu tout récemment lorsqu'il a été confronté au scandale de dopage en Russie. Le CIO a choisi la voie de la prudence et remis la décision entre les mains des fédérations sportives.

Les autorités sportives semblent frileuses à confier l'organisation de championnats dans les pays du sud. Comme si elles ne leur faisaient pas confiance. La Coupe du monde de football est allée à quelques reprises en Amérique du Sud (Uruguay en 1930, Brésil en 1950 et 2014, Chili en 1962, Argentine en 1978), mais l'Afrique a été boudée jusqu'en 2010 avec l'Afrique du Sud.

Aussi prestigieux est le Mundial de soccer, il n'est d'aucune mesure aussi complexe à mettre sur pied que les JO. Les Olympiques exigent des stades radicalement différents, des officiels et des bénévoles aux compétences diverses. En réalité, les JO équivalent à la tenue simultanée d'une vingtaine, d'une trentaine de championnats mondiaux dans une même ville : d'un point de vue organisationnel, il s'agit d'un défi herculéen. 

Et les gaffes arrivent inévitablement au détour. La perfection n'existe pas.

Pour le CIO et le Brésil, l'objectif était de fracasser ce plafond de verre qui murmurait en coulisse que les pays du sud - l'Océanie ne comptant pas, pour des raisons qui relèvent d'un certain racisme - n'ont pas les capacités, le sens de l'organisation, les ressources financières ou la discipline mentale pour accueillir de grands jeux. 

Ce pari audacieux n'était pas sans rappeler celui de 2008 lorsque le CIO a mandaté Beijing. L'objectif inavoué était d'amener un peu plus de démocratie et de transparence en Chine, ce qui ne s'est pas avéré. 

Malgré cet « échec » chinois, les membres du CIO - qui ne sont plus autant les vieux bonzes déconnectés et cooptés d'antan - ont voulu défricher de nouvelles terres en confiant les Jeux d'été au Brésil, pays du sud. 

Le rêve du CIO s'est heurté à la réalité des choses. L'économie florissante de 2009 s'est effondrée et cela a plongé le Brésil, pilier des pays du « BRIC », dans une crise politique et de corruption dont il n'est pas encore sorti. Le budget a atteint 12 milliards $ des Jeux, modeste par rapport aux 44 milliards $ de Beijing et aux pharaoniques 51 milliards $ de Sochi. Mais c'était encore bien cher pour un pays en pleine récession, et un pays aux inégalités économiques évidentes.

Certes, on aura vu l'eau verte du bassin de plongeon, entendu parler des tablettes dégarnies des cafétérias, de ces bénévoles abandonnés qui ont quitté le bateau à mi-chemin, et ces histoires de balles perdues qui sortaient des pauvres favelas de Rio. Ce sont des irritants importants, mais dans un an ou deux, rien n'en subsistera. On ne se souviendra que malgré une économie difficile, Rio et les Cariocas auront organisé de splendides Jeux d'été dans une ville merveilleuse, et ouvert la porte de l'hémisphère sud.

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