Une idée à creuser

Les contribuables seraient-ils prêts à payer une somme... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Les contribuables seraient-ils prêts à payer une somme équivalente à ce que coûte la première phase du train léger... rien que pour nettoyer le coeur de la capitale de la plupart de ses camions?

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Cette idée d'un tunnel pour désengorger le centre-ville d'Ottawa, un peu saugrenue au départ, mérite qu'on se creuse... la tête pour voir comment elle pourrait se réaliser.

Maintenant que la Ville d'Ottawa a une étude de faisabilité en main, elle doit poursuivre les études et commencer le travail de sensibilisation des gouvernements supérieurs afin qu'ils soutiennent le projet, le temps venu.

Évidemment, la facture qui pourrait atteindre 2 milliards $ fait plus que sourciller. Les contribuables seraient-ils prêts à payer une somme équivalente à ce que coûte la première phase du train léger... rien que pour nettoyer le coeur de la capitale de la plupart de ses camions?

Justement, il ne faut pas considérer un tel projet d'infrastructure, si majeur et si coûteux, seulement du point de vue du transport lourd. Il faut le regarder d'un peu plus haut et tenter d'apprécier tous ses bénéfices potentiels et tous ses impacts. 

Cette idée de tunnel a fait surface, faut-il rappeler, lorsque celle d'un pont entre Ottawa et Gatineau a frappé son Waterloo, il y a trois ans. Quelques voix se sont alors élevées pour que l'on explore un concept de lien souterrain puisque le pont via l'île Kettle ne fonctionnait pas.

Mais voilà, le tunnel que les gens d'Ottawa voulaient explorer ne relie pas le Québec et l'Ontario sous la promenade de l'Aviation. Il servirait avant tout à dégager le transport lourd de l'avenue King Edward et des rues avoisinantes. 

Il ne crée pas un sixième lien routier entre Ottawa et Gatineau.  

Inauguré en 1965, le pont Macdonald-Cartier a mené à la presque totale destruction du secteur de la Basse-Ville. King Edward, qui était autrefois un joli boulevard urbain avec un terre-plein ombragé par des arbres matures, s'est métamorphosé en voie rapide entre la rue Rideau et le pont Macdonald-Cartier. Les piétons ne s'y risquent qu'au pas accéléré pour éviter les véhicules qui l'empruntent à toute allure, faisant fi des limites de vitesse de 40 km/h. 

Par surcroît, le boulevard King Edward sert aujourd'hui principalement aux Québécois, ce qui a augmenté la grogne des Ottaviens qui n'ont que peu d'avantages avec le pont Macdonald-Cartier, et presque tous les désagréments.

Le projet de tunnel ne se rendra pas au Québec. Il ferait le trait entre l'emprise ontarienne du pont Macdonald-Cartier et l'autoroute Queensway, sous la partie est du quartier de la Côte-de-Sable.

Ce tunnel profitera d'abord et avant tout aux gens d'Ottawa qui retrouveront un peu de quiétude dans la Basse-Ville. «Un peu», car une partie du transport lourd, notamment ceux de matières dangereuses, se fera toujours sur terre. 

Mais il doit quand même divertir 1700 des 2600 camions par jour. Cela signifie deux camions aux trois minutes, au lieu d'un camion aux 30 secondes. Quelque 25 000 autos par jours l'emprunteraient: une solide amélioration de la qualité de vie sur King Edward, Rideau et les rues de la Basse-Ville!

Gatineau et l'Outaouais gagneraient aussi avec ce tunnel. L'accès au Québec à partir de l'autoroute Queensway serait facilité: plus de gens qui viennent en Outaouais, et un accès accéléré des conducteurs du Québec vers le réseau autoroutier de l'Ontario. 

À ce moment-ci, le temps est encore à rêver à tous les avantages qu'un tunnel sous la Basse-Ville pourrait procurer tant aux Ottaviens qu'aux Québécois. Un rêve éveillé, en songeant à tous les écueils avant sa réalisation... dont son coût astronomique, bien sûr.

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