Une vigilance à renouveler

Au milieu de la nuit, dans un bar... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Au milieu de la nuit, dans un bar de la rue Dalhousie, à deux pas du marché By, un homme de 33 ans bien connu des autorités est décédé par balle. Le suspect est tout aussi connu des milieux policiers.

Martin Roy, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Quatre fusillades en une fin de semaine à Ottawa, et un assassinat. Ce n'est plus un événement exceptionnel dans la capitale. Les questions fusent, mais les réponses sont rares.

Au milieu de la nuit, dans un bar de la rue Dalhousie, à deux pas du marché By, un homme de 33 ans bien connu des autorités est décédé par balle. Le suspect est tout aussi connu des milieux policiers. Dans les heures qui ont suivi, d'autres coups de feu étaient tirés un peu plus à l'est. Encore.

Le maire Jim Watson se veut rassurant. Il persiste à dire qu'Ottawa est sécuritaire. Les commerçants du marché By aussi. On les comprend: maire et marchands ont tout à perdre en créant un climat de peur au sein de la population.

Pendant ce temps, le chef de police Charles Bordeleau reconnaît qu'un tel niveau d'activité criminelle n'est «pas normal».

Ces bilans ne s'opposent pas, mais interpellent.

La mi-année est à peine franchie et Ottawa déplore déjà 11 meurtres. À ce rythme, la triste performance de 14 décès violents en 2014 sera franchie avant le dernier trimestre.

Jusqu'à maintenant, beaucoup de l'activité criminelle se déroule entre membres de gangs de rue rivaux, entre vendeurs de drogue et fournisseurs, entre truands qui règlent leurs comptes entre eux. Il faut s'interroger sur leur propension à dégainer des armes à feu plus souvent qu'avant.

Le citoyen ordinaire ne doit pas être paralysé devant cette croissance anormale de la violence urbaine. Certains seront inquiets. Cette réaction est démesurée. Mais il doit être sur ses gardes et garder l'oeil ouvert: il y a toujours le risque - minuscule - d'une balle perdue. Il y a des bars et autres débits de boisson qu'il ne vaut mieux pas fréquenter, et des gens dont il faut rapporter les gestes louches aux autorités. Il vaut mieux déranger les autorités policières une fois de trop que de se retenir sous prétexte de se mêler de ses affaires: la violence est le problème de tous, et tous profiteront d'une accalmie qui tarde à s'installer.

Le gros du travail incombe évidemment au Service de police d'Ottawa et, parallèlement, à tous les intervenants de près ou de loin dans la sécurité, dans la lutte au crime et à sa prévention. Ils sont bien connus, ils travaillent avec la police depuis au moins 2007. Ce sont des organisations diverses comme Prévention du crime Ottawa, la Société John Howard, le Bureau des services à la jeunesse, la Société de logement communautaire d'Ottawa ou encore la Société d'aide à l'enfance.

En 2016, s'achève ainsi une collaboration conjointe baptisée Stratégie d'Ottawa sur les gangs de rue - Plan d'action 2013-2016 que vantait le chef Bordeleau dans nos pages, le 8 janvier 2015.

De toute évidence, cette stratégie devra être revue et augmentée. Il ne faut pas croire qu'elle a été inefficace parce que fusillades et morts se sont multipliés sur le territoire. Les facteurs aggravants sont nombreux.

À l'image d'une stratégie repensée, la police d'Ottawa a revu et augmenté son équipe de l'Unité des bandes de rue. Après 15 ans d'existence, elle a été récemment bonifiée de deux douzaines d'agents supplémentaires et d'une enveloppe de 400 000$ supplémentaire dans l'espoir d'être plus efficace. Il faut espérer que cela donnera des résultats. Notre qualité de vie à tous en dépend.

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