Un statu quo intenable

Un policier monte la garde à l'intérieur d'un... (Laura Buckman, AFP)

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Un policier monte la garde à l'intérieur d'un périmètre de sécurité érigé après la fusillade de Dallas.

Laura Buckman, AFP

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ÉDITORIAL / Les États-Unis sont en proie à une flambée de violence. Une autre.

Cette semaine, deux citoyens noirs sous suspicion policière tombent sous les balles des forces de l'ordre. La réaction contre les policiers a été immédiate : cinq agents assassinés à Dallas, jeudi soir.  

Le mois dernier, c'était une folie meurtrière d'un fils d'immigrant qui attaque un bar gai à Orlando, en Floride. 

Et ainsi de suite.

Deux grandes catégories se dégagent de ces cas apparemment isolés, mais bien trop courants pour que la population détourne le regard.

Depuis le 11 septembre 2001 se succèdent des attaques de la part de fondamentalistes musulmans, des hommes en grande partie, radicalisés par la rhétorique d'un choc des civilisations nourri par des organisations terroristes comme État islamique. Plusieurs pays en sont le théâtre, la Belgique récemment, la France avant elle, et oui, le Canada aussi, mais pas juste en Occident non plus, comme nous l'avons constaté au Bangladesh en fin de semaine dernière, à Bagdad en Irak juste avant, à l'aéroport d'Istamboul, en Turquie quelques jours auparavant. 

L'autre grande catégorie de violence meurtrière est celle qui s'exprime à l'endroit de la population de race noire. Ces dernières années, des cas sont largement médiatisés. La prolifération des téléphones intelligents a permis la transmission de trop nombreux cas d'arrestations musclées de Noirs par les forces de l'ordre. C'est ce qui est arrivé cette semaine avec les décès apparemment sans raison d'Alton Sterling et de Philando Castile, à Bâton Rouge, en Louisiane, et à St. Paul, au Minnesota.

Évidemment, les policiers en patrouille travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Ils doivent être prêts à tout. Mais leur propension à se servir de leurs armes dénote combien ils sont sur des dents. Parce que la prolifération des armes à feu est telle aux États-Unis que les chances que les suspects soient armés sont grandes. C'était d'ailleurs le cas pour MM. Sterling et Castile.  

Bien des Canadiens et des Occidentaux font ce lien entre ces armes et le nombre de crimes violents aux États-Unis. Pas nos voisins du sud. Jusqu'ici, toute mesure de contrôle des armes à feu a été combattue avec succès par le lobby de la National Rifle Association et les politiciens qui y sont sympathiques. À chaque épisode de violence, les appels à une nouvelle approche au contrôle des armes à feu par président Barack Obama paraît tomber dans l'oubli dès le lendemain.

La situation semble sans issue. Mais l'est-elle vraiment ?

De plus en plus, des voix appellent à un contrôle plus serré des armes à feu. Jusqu'aux plus hauts échelons de la politique. Du côté du Parti démocrate, la candidate à la présidence Hilary Clinton est du groupe. Elle ne semble plus craindre la NRA. Il y a huit ans, M. Obama n'était pas aussi téméraire. 

Un registre des armes à feu n'est pas pour demain aux États-Unis (ni même au Canada). 

Mais depuis la tuerie d'enfants à Sandy Hook, au Connecticut, les mentalités paraissent avoir évolué en faveur du contrôle des armes.

Si les Américains sont moins armés jusqu'aux dents, leurs policiers interviendront sans doute de manière plus calme. À court terme, le dialogue calmera la flambée de violence. À moyen terme, les Américains doivent conclure que la libre circulation des armes ne fera que perpétuer un statu quo intenable.

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