Un litige à régler plus tard

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ÉDITORIAL/ Les 50 000 employés de Postes Canada ont le couteau sur la gorge: leur employeur a ouvert son jeu, hier, en laissant savoir qu'il pourrait y avoir un lock-out dès vendredi. Encore une fois, les Canadiens sont menacés de perdre leur service public.

Mais les choses ne sont plus comme avant.

La sagesse devrait dicter aux deux parties de mettre leurs doléances de côté et d'enterrer la hache de guerre tandis que le nouveau gouvernement de Justin Trudeau décide ce qu'il veut faire de cette ancienne société d'État.

Le processus est déjà bien amorcé. Un comité est à l'oeuvre et doit conseiller le gouvernement sur la direction que doit prendre Postes Canada pour la prochaine décennie et au-delà.

Le service postal n'est plus aussi essentiel depuis 15 ans. Les communications électroniques tarissent progressivement le flot de courrier: ceux qui s'inquiètent, à la veille d'un conflit de travail, que des chèques du fédéral pourraient être coincés dans les entrepôts du bureau de poste ignorent que 95 % des versements fédéraux sont maintenant versées électroniquement. 

Une interruption du service ne causerait pas la catastrophe car Postes Canada n'est plus le service public qu'il a déjà été. Il n'est plus sous la gouverne directe du fédéral non plus. Ce n'est plus une société d'État mais aujourd'hui une entreprise privée, gérée comme telle... dont l'actionnaire est le fédéral. La nuance est importante. 

Postes Canada dégage encore des profits substantiels, mais sa situation financière est plus fragile que jamais. Et son avenir s'assombrit.

Les employés le savent. C'est pourquoi ils implorent le gouvernement de confier à Postes Canada de nouveaux mandats, comme des services financiers. L'idée a du bon, mais doit être explorée davantage.

Sentant que le portrait pourrait changer considérablement dans la prochaine année, employeur et syndicats essaient de marquer un grand coup.

À l'instar de nombreuses entreprises du secteur privé, les patrons veulent mettre fin au régime de retraite à prestations déterminées pour les futurs employés. Dans le monde des affaires, les gestionnaires se dégagent de ces responsabilités à long terme: un nouvel employé qui entre aujourd'hui pourrait recevoir un chèque de pension jusqu'en 2075! Une rente qui serait versée dans 60 ans... alors que l'on ignore tout de ce qu'aura l'air le secteur postal dans 20 ans... À la place, Postes Canada préfère verser une cotisation au régime de retraite de ses employés, et ce sera à eux de le gérer.

Les syndicats combattent ces régimes à cotisations déterminées. Ils ont essaient de soutirer le plus et le plus tôt possible car les perspectives d'avenir sont ce qu'elles sont. Les négociateurs syndicaux tentent de mettre l'odieux sur le gouvernement fédéral qui doit montrer l'exemple aux entreprises dans leurs relations avec les travailleurs. 

Sagement, le gouvernement Trudeau évite de s'en mêler, contrairement aux conservateurs de Stephen Harper qui prenaient vite le parti des patrons dans tous les conflits de travail.

Sans trancher sur le fond du litige, la forme est bien mal engagée. Un conflit en plein été n'a aucun sens pour les employés, tandis que l'employeur doit éviter tout arrêt de travail qui prouverait aux Canadiens qu'ils peuvent se passer du service postal.

L'avenir de Postes Canada se joue derrière des portes closes alors que son mandat se redéfinit.

Il sera bien temps de se quereller sur le régime de retraite quand les deux parties y verront plus clair...

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