Quoi célébrer?

ÉDITORIAL / Alors que les Américains soulignaient leur Fête nationale, lundi,... (Associated Press)

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ÉDITORIAL / Alors que les Américains soulignaient leur Fête nationale, lundi, il y a raison de se demander ce que les États-Unis ont à célébrer. Le pays est profondément divisé comme rarement depuis la fin de la guerre du Vietnam.

Barack Obama a fait une visite remarquée dans la capitale du Canada, la semaine dernière, sa dernière à titre de président alors que des élections se tiendront en novembre. Les réjouissances de son bref passage aux côtés du premier ministre Justin Trudeau ont masqué le fait que quelques heures plus tard, il se replongeait dans une atmosphère tendue où démocrates et républicains, comme à tous les quatre ans, se livrent une guerre à finir qui décidera de l'orientation du pays.

Depuis Bill Clinton, les États-Unis ont choisi une alternance aux huit ans. En respectant ce rythme, les républicains devraient cogner à la porte du pouvoir. Mais voilà, ils ont choisi un candidat fort polarisant en Donald Trump, qui devrait être confirmé par lors de la convention du parti le 21 juillet prochain.

En d'autres circonstances, cette procédure ne devrait être qu'une formalité. Mais voilà, justement, la personnalité de M. Trump et ses attaques à l'endroit des minorités, notamment, ont fait en sorte que le Parti républicatin a toutes les misères du monde à se rallier pour cette course qui l'opposera aux démocrates de Hilary Clinton.

Tous les partis réunissent des coalitions de sous-groupes d'intérêts. Mais les fondamentalistes chrétiens le voient avec suspicion. Il irrite des électeurs potentiels avec ses commentaires à l'endroit des immigrants mexicains (des «violeurs»), des femmes (à propos de Carly Fiorina... «Regardez son visage: qui voterait pour ça?»), des musulmans qu'il songe à ficher et interdire d'entrée... 

Ceux qui pensent à l'argent ont été épargnés par ce milliardaire dont la vantardise sur ses prouesses économiques paraît sans bornes.

Donald Trump mise ainsi sur l'admiration qu'il suscite auprès des classes ouvrières désaffectées, sur les laissés-pour-compte de la crise économique de 2008, sur ceux qui en ont marre de la rectitude politique. Seront-ils suffisants pour faire contrepoids? 

Les Étas-Unis ont pourtant une population issue de l'immigration tout comme le Canada. Cela devrait prédisposer à une ouverture à l'autre et à la différence plutôt qu'au repli sur soi. Mais d'autres phénomènes se conjuguent pour affaiblir l'attrait du multiculturalisme. Le puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association, détourne le regard des Américains du problème de la violence. Elle est souvent associée aux attaques terroristes mais la forte majorité des morts violentes au sud du 49e parallèle sont davantage reliés à la prolifération d'armes à répétition. Les réelles attaques de terroristes sont rarissimes depuis le 11 septembre 2001 - si l'on soustrait celles d'imprévisibles loups solitaires comme à Orlando, à San Bernardino ou au marathon de Boston.

Ce 11 septembre, puis la crise financière de 2008 ont marqué les États-Unis au fer rouge, nos voisins et principaux partenaires économiques. Cela a masqué du regard le potentiel faramineux de ce pays où l'excellence de l'éducation, le pouvoir de l'argent et la recherche de la liberté attirent certains des plus brillants cerveaux de la planète. En 2016, les États-Unis ne savent plus très bien quoi célébrer. Vivement que cette page se tourne... un jour.

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