Dans les mêmes pas

Barack Obama en compagnie de Justin Trudeau et... (Justin Tang, La Presse Canadienne)

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Barack Obama en compagnie de Justin Trudeau et de Sophie Grégoire.

Justin Tang, La Presse Canadienne

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ÉDITORIAL/ Barack Obama a livré un témoignage historique au Parlement du Canada, mercredi. Tous les discours de présidents des États-Unis le sont, évidemment, parce que ce sont des événements rares et marquants. Ce n'était, après tout, que la 10e fois dans l'histoire qu'un tel honneur était consenti à la fois par un président, et inversement, par les parlementaires canadiens.

Certains pourraient diminuer la portée de ses paroles puisque M. Obama est en fin de mandat et qu'il s'apprête à partir. Ce serait une erreur. Certes, ses paroles n'avaient pas la portée de celles d'un président qui arrive en poste et qui dévoile le cadre de ses futures interventions. 

Mais le président américain en a profité pour livrer, en quelque sorte, un bilan partiel de ses huit années à la tête du plus puissant pays de la Terre. Il a pas mal touché à tous les grands thèmes qui lui ont tenu à coeur sur les deux plans de son action sociale et économique : collaboration et tolérance. Ce ne sont d'ailleurs pas des valeurs occidentales partagées par le Canada, les États-Unis et quelques autres, mais des valeurs qui affectent la planète toute entière. 

Ces deux éléments doivent diriger les gestes de tous, pas seulement les chefs d'État. Notre monde est plus sécuritaire que jamais, a avancé M. Obama, en même temps que surviennent de meurtrières attaques terroristes. Plus prospère que jamais, a-t-il poursuivi, en même temps que les inégalités socio-économiques croissent sans cesse. Des forces protectionnistes sont à l'oeuvre en même temps que les pays, les gens et les entreprises collaborent plus que jamais entre eux. Ont été cités en exemple les liens étroits qui joignent le Canada et les États-Unis, qui partagent la plus longue frontière au monde, des provinces de l'Atlantique jusqu'en Colombie-Britannique. Il y avait là aussi un message dans la foulée du référendum au Royaume-Uni, qui a voté pour sortir de l'Union européenne, la semaine dernière. Cela va à l'inverse de la collaboration à laquelle il croit, tout comme le premier ministre Justin Trudeau.

La tolérance est durement mise à l'épreuve dans ce monde plus complexe que jamais, plus intégré au plan des communications. Cela se vit au plan personnel tout comme au plan des états. Il a salué la patience d'un pays comme la Colombie qui, au terme de décennies de conflits, semble finalement avoir évacué ses tensions avec le groupe terroriste des FARC. La diplomatie, et il a bien raison, ne donne pas nécessairement pas des résultats rapides, et les forces de la Coalition viendront à bout de l'État islamique. En même temps, il a encouragé les citoyens à l'ouverture face « à nos frères musulmans qui sont nos partenaires ». Il a aussi eu des mots d'espoir envers les minorités sexuelles.

En dépit de ces messages inspirants, un chef d'État n'est quand même pas à quelques contradictions près. Les États-Unis vendent plus d'armes que tous les autres pays, ses mesures protectionnistes refont surface dans le délicat dossier du bois d'oeuvre, et la violence de sa société est largement due aux tensions raciales qui ébranlent le pays et le libre marché d'armes personnelles. 

Tout cela, ce sera pour un autre président que lui.

Entre temps, Barack Obama peut se réjouir que Justin Trudeau - bien plus que Stephen Harper avant lui - marche dans la même direction de ses pas.

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