Un visage d'unité

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Justin Trudeau (à droite) accueille le président mexicain, Enrique Pena Nieto, à son arrivée à Toronto.

Nathan Denette, La Presse Canadienne

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ÉDITORIAL / Pendant que l'Europe s'entredéchire au lendemain du référendum au Royaume-Uni, les trois grands partenaires de l'Amérique du nord afficheront plutôt un visage d'unité, de collaboration et de bonne entente. Voilà qui est bien plus porteur de prospérité.

Aujourd'hui, Justin Trudeau accueille le président américain Barack Obama à Ottawa, alors que leur vis-à-vis du Mexique, Enrique Pena Nieto est arrivé depuis lundi. Ensemble, les trois chefs d'État participent à ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler familièrement le sommet des Trois Amigos. Plus officiellement, ils sont responsables du traité de l'ALÉNA, l'Accord de libre-échange nord-américain qui regroupe les 480 millions de citoyens des trois pays. Cet espace économique, qui date de 1994, était d'une certaine manière une réponse à l'émergence de l'Union européenne qui avait reçu un coup de pouce avec le traité de Maastricht, en 1992. 

C'est donc par pure coïncidence que cette Union européenne est mise à mal alors que survient ce 10e sommet de l'ALÉNA. La composition de grands ensembles socio-économiques est contestée. D'autres pays d'Europe pourraient remettre en question leur participation à l'UE, dont la Pologne, la Grèce, la Hongrie, etc. 

Pendant ce temps, le Canada va dans le sens contraire de ces pays. 

Il s'est engagé pour deux autres traités internationaux, le Partenariat transpacifique et l'Accord économique et commercial global (AECG ou CETA, en anglais). Mais il est difficile, nous le voyons de plus en plus, de trouver un équilibre entre notre maintien de nos souverainetés et l'assouplissement de certaines règles qui stimuleront nos échanges économiques.

L'ALÉNA (et son prédécesseur, l'Accord sur le libre-échange avec les États-Unis) a aussi connu une adoption controversée. Mais 22 ans plus tard, il semble acquis. Les trois hommes politiques qui le composent sont plus à peaufiner l'ALÉNA qu'à en diminuer la portée.

Le Royaume-Uni et son phénomène du Brexit monopolisent l'attention mondiale depuis bientôt une semaine. Le sujet est devenu inévitable pour quiconque s'intéresse à la politique internationale. Les chefs d'État en réunion à Ottawa ne pourront l'éviter. Personne se sera à l'abri d'impact de cette sortie qui, il est vrai, ne doit pas se concrétiser avant au moins deux ans.

Avant que le Brexit ne prenne toute la place, c'était l'environnement, au lendemain du Sommet de Paris en novembre dernier, qui était le sujet du jour.

Il fallait donc que les Trois Amigos posent un geste d'éclat. Ainsi, au programme aujourd'hui figure un engagement pour que 50 % de l'énergie consommée en Amérique du nord soit propre d'ici 2025, donc de source renouvelable, ou avec des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ce sera un défi très ambitieux pour le Mexique, qui n'est aujourd'hui qu'à 18 %, et important pour les États-Unis, qui sont déjà à 37 %. Pour y arriver, M. Pena Nieto entend souscrire à une bourse du carbone comme celle du Québec (et de l'Ontario et de la Californie), qui équivaut à un permis de polluer, mais à fort prix.

Accessoirement, les leaders doivent parler de la lutte... à la drogue. Si le Mexique est encore aux prises avec de sanglants cartels, le gouvernement Trudeau s'est engagé à libéraliser les drogues douces. Joyeux dilemme en perspective. Comme quoi des voisins peuvent avoir des intérêts communs et divergents tout à la fois.

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