Les défis demeurent

Allan Rock termine son mandat de recteur de... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Allan Rock termine son mandat de recteur de l'Université d'Ottawa.

Patrick Woodbury, LeDroit

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ÉDITORIAL / Allan Rock possède encore ses vieux réflexes de politicien. Il ne craint pas de dire une chose et son contraire.

Maintenant que l'Ontario a pas mal décidé de créer une nouvelle université franco-ontarienne, le recteur sortant de l'Université d'Ottawa se dit aujourd'hui tout à fait ouvert à l'idée. Il propose même d'aider à son démarrage parce que ce qui lui importe avant tout, a-t-il osé dire lors d'une rencontre éditoriale avec le quotidien LeDroit, c'est que les Franco-Ontariens aient tous les outils pour assurer leur vitalité. 

Un joli changement de cap de la part de cet ancien ministre sous Jean Chrétien.

Et il est vrai que si l'Ontario va de l'avant avec cette idée de créer une nouvelle université - dans la région de Toronto -, l'appui est la collaboration de l'Université d'Ottawa s'avérera extrêmement bénéfique. Les outils collectifs à la disposition de la communauté franco-ontarienne sont trop rares et importants pour que l'on tolère une guerre de clochers.

Mais cette magnanimité de M. Rock - qui quittera ses fonctions le 30 juin - survient bien tardivement. Rappelons ces mots sous sa plume, dans notre édition du 21 octobre 2014: «Les francophones de tout l'Ontario ont déjà leur université: c'est l'Université d'Ottawa. J'invite tous les Franco-Ontariens à soutenir leur université (...) plutôt que de songer à créer un nouvel établissement qui pourrait mettre longtemps à atteindre les normes de qualité que notre université a si bien su établir et promouvoir».

Ce message-là était: arrêtez de rêver et de vous éparpiller, concentrez-vous sur ce que vous avez.

Certes, l'Université d'Ottawa sert bien la communauté francophone depuis sa fondation en 1848. Elle demeure une institution de calibre national qui n'a rien à craindre de la compétition que pourrait représenter cette nouvelle université franco-ontarienne. Il lui faudra des décennies pour même s'approcher de la gamme de programmes offerts à Ottawa, sans parler de leur qualité, du calibre de son corps professoral, de son environnement physique, etc. Mais là ne sera pas son but, de compétitionner avec l'Université d'Ottawa. Ce projet, appuyé par des mouvements étudiants et l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, vise prioritairement à offrir une formation post-secondaire en français dans le centre et le sud-ouest de l'Ontario, où une population croissante de langue française poursuit à plus de 95 % ses études dans la langue de Shakespeare, a démontré un rapport du Commissariat aux services en français. 

Au terme de huit années comme recteur, Allan Rock laisse l'Université d'Ottawa en assez bonne posture. Il a réagi avec force aux épisodes de violence sexuelle qui ont ébranlé la vie universitaire. Le budget est à peu près équilibré, malgré des hausses substantielles de frais aux étudiants. Mais les défis demeurent. La forte croissance constatée sous son prédécesseur Gilles Patry a été stoppée faute d'infrastructures suffisantes pour accueillir plus d'étudiants. Cette poussée avait fragilisé la communauté francophone sur le campus: ses 13 000 étudiants sont noyés parmi 30 000 anglophones qui ne sont plus tenus d'apprendre le français, comme à l'époque. La vie universitaire est très anglaise, simple question de démographie. Et l'université a eu de la difficulté à trouver le juste équilibre pour sa désignation sous la Loi sur les services en français. M. Rock la voulait... mais sans les chaînes. Pari difficilement tenu.

Ce sera à Jacques Frémont et son regard neuf de prendre le relais à la tête de l'Université d'Ottawa.

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