Le choix anglais

ÉDITORIAL / Les Britanniques iront aux urnes jeudi pour décider s'ils coupent... (Leon Neal, AFP)

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Leon Neal, AFP

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ÉDITORIAL / Les Britanniques iront aux urnes jeudi pour décider s'ils coupent les ponts avec l'Union européenne. Plusieurs sondages d'opinion indiquent que la population est divisée à peu près également entre le camp de la sortie (Brexit) et celui du statu quo (BremaIn). Il faudra attendre tous les résultats avant d'identifier l'option gagnante.

Et encore là, c'en sera une autre d'apprécier toutes les conséquences de ce choix, pour ou contre, et le monde retient son souffle jusqu'à vendredi.

Ce sont surtout les militants du Brexit qui font miroiter un jardin de roses : une Angleterre plus unie, qui retrouve son lustre et son influence dans le monde.

Une Angleterre qui contrôle ses flux d'immigration et qui se place à l'abri des hordes de migrants qui veulent envahir le pays et voler leurs emplois (surprise, ils seront toujours là vendredi, quoiqu'il advienne).

Une Angleterre plus riche et plus efficace, épargnée des coûts et des freins de la bureaucratie de l'Union européenne.

Quant au choc économique, il sera de courte durée.

De l'autre côté, les adeptes du BremaIn qui croient que l'Angleterre peut renforcer l'Union européenne par sa présence. Ils prévoient de profonds bouleversements économiques.

Handicapés par des obstacles sur le mouvement des biens et des personnes, les secteurs de la finance et de la santé, par exemple, perdront des employés qui contribuent à l'économie par leurs compétences et leurs salaires à l'avenant.

Et puis, la séparation avec l'Europe n'est pas une décision que l'on prend à la légère : elle sera irréversible et cela affectera les jeunes générations, plutôt favorable au BremaIn.

La sortie du premier ministre David Cameron, mercredi, misait justement sur cet argument, à l'effet que les plus de 50 ans ne doivent pas bloquer un choix de société qui les affectera moins que leurs enfants.

Le Canada, et le Québec tout particulièrement, ont l'expérience des référendums. Il y a eu ceux de 1980 et 1995 au Québec, et celui sur l'entente du lac Meech, en 1992. Les trois ont favorisé le statu quo.

Les Canadiens, ni LeDroit, n'ont pas de conseils à donner aux Britanniques sur le camp qu'ils devraient endosser dans 24 heures. Ils ont tous les éléments en main pour prendre la décision la plus éclairée possible.

Plusieurs voix se sont tout de même fait entendre à travers le monde, généralement pour endosser le camp du BremaIn, craignant les montagnes russes au plan économique.

L'expérience canadienne et québécoise illustre avec limpidité qu'au-delà des options politiques sur la table, au-delà des cultures nationales qui s'expriment et des histoires bien différentes des pays en cause, les arguments utilisés au Royaume-Uni sont étrangement similaires à ce qui a été utilisé chez nous.

Il y a la menace économique et l'attrait d'un rêve, l'occasion d'une génération de saisir une option unique qui ne reviendra pas de sitôt ou pour leurs adversaires, le caractère irréversible d'une telle décision.

Il y a les raisons du coeur, l'appel d'une grande nation bouleversée qui cherche à retrouver son rôle historique de meneur. 

La Grande-Bretagne, son histoire façonnée par la mer, cherche à se redéfinir au-delà des eaux qui l'entourent et qui ont donné à ses citoyens une indépendance d'esprit bien particulière.

Comment cette autonomie s'exprimera, le monde a hâte de savoir.

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