Aucun regret ? La population, oui !

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Deux ans plus tard, Martin Coiteux clame encore que toute l'opération économique était «la chose à faire», sans en changer un iota

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ÉDITORIAL / Les gens décidés ne doutent pas. Ni dans l'action ni après. Ainsi paraît Martin Coiteux qui, dans une entrevue à La Presse Canadienne, en fin de semaine, a dit ne rien regretter des deux dernières années en politique québécoise.

Facile à dire quand on ne souffre pas des mesures d'austérité que ce gouvernement libéral a mises de l'avant. Il n'a pas eu à attendre des soins de santé dans un hôpital de l'Outaouais. Il n'a pas eu à rebâtir le budget d'un Centre de la petite enfance, recentrer un Carrefour Jeunesse Emploi, ni eu à jongler avec l'endettement étudiant, etc. 

Bref, l'opération austérité de l'État québécois, il ne l'a pas subie. (Pas plus son collègue Gaétan Barrette au ministère de la Santé.)

Voilà pourquoi le ministre Martin Coiteux passe difficilement dans l'opinion publique.

Il a beau être compétent, doué pour les choses économiques, il lui manque la touche d'humanisme pour bien faire passer les mesures impopulaires qu'un gouvernement, il faut le reconnaître, doit parfois mettre en place au nom des contribuables.

Bien des citoyens étaient d'accord à l'effet que le Québec vivait au-dessus de ses moyens. Mais ce n'est pas pour redresser les finances publiques que Philippe Couillard et sa bande ont convaincu l'électorat, mais bien pour écarter le Parti québécois et sa Charte de la laïcité. 

De là la surprise de la population quand Carlos Leitao, le «capitaine» de l'équipe économique du PLQ (que complétait Martin Coiteux et Jacques Daoust) a dévoilé son plan de rééquilibrer le budget dès sa première année.

M. Coiteux, alors président du Conseil du Trésor, avait toutes les qualités voulues pour se métamorphoser en «Monsieur Non». Économiste et banquier, il n'avait aucun remords à répéter les mantras d'un gouvernement qui fonce droit, sans trop d'égards aux protestations. Certains ont critiqué au démantèlement de l'État-providence, il y a certainement eu de profondes réformes et la disparition de certains services assurés par Québec. M. Coiteux a cependant raison lorsqu'il rappelle que les budgets n'ont pas été coupés dans l'ensemble, mais que son gouvernement en a simplement freiné la croissance. 

Pendant ces deux ans, Québec a redressé ses finances mais perdu le cap. Reconnaissant Philippe Couillard a rompu son équipe économique en transférant M. Coiteux à un double ministère des Affaires municipales et de la Sécurité publique. Il sera tout autant vu qu'avant. Mais surtout, le premier ministre change le visage de son équipe ministérielle, en amenant Dominique Anglade au Développement économique.

Deux ans plus tard, Martin Coiteux clame encore que toute l'opération économique était «la chose à faire», sans en changer un iota. À l'image de ce gouvernement libéral, il montre qu'il a bien de la difficulté à être à l'écoute. Il s'écoute, mais pas les autres. Si l'opération redressement était nécessaire, il fallait en vendre l'idée aux Québécois, en convaincre une majorité que le chemin serait ardu, mais que l'équipe libérale les accompagnerait pour rendre la route la moins pénible possible. Au lieu de cela, Philippe Couillard a laissé son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, partir en guerre avec tout le monde, et Martin Coiteux répéter non, non, non. Ni l'un ni l'autre ne doutent de la valeur de leur bilan politique après deux ans, ni des sacrifices que les Québécois - pas eux, personnellement - ont consenti pour atteindre ce déficit zéro.

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