Dehors, les pitbulls !

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ÉDITORIAL/ Il aura fallu la mort d'une femme pour interdire les pitbulls au Québec. Dommage qu'il faille si souvent attendre un drame pour agir. Mais cette fois semble la bonne : Québec a envoyé un signal assez clair que l'interdiction des pitbulls et de féroces races apparentées se fera dans les semaines à venir. Ce n'est pas trop tôt.

Le Québec ne s'inscrit pas comme un pionnier avec une telle mesure. Déjà, des dizaines de pays ont légiféré pour éliminer ces bêtes agressives à l'intérieur de leurs frontières ; ce ne sont pas que de petits pays, mais des grands aussi comme la France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Russie et la Suisse, le Portugal et la Pologne, etc.

Au Canada, l'Ontario est la seule province qui les ait totalement interdits, dès 2005.

Ailleurs, la question a été laissée aux municipalités, comme au Québec donc. Dans la Belle Province, la situation est inégale d'un coin à l'autre ; cette interdiction par morceaux crée des incongruités sur l'ensemble du territoire. Au lieu de laisser la question aux gouvernements locaux qui prendront chacune des heures à débattre des pour et des contre avec des militants pro - et anti-pitbulls, il serait plus économique pour les contribuables d'appliquer une même politique à la grandeur du Québec afin d'interdire les pitbulls et autres bull-terriers.

Posséder un animal n'est pas un droit constitutionnel. La liste d'incidents impliquant ces races de chiens est suffisamment longue pour justifier une action concertée qui paraîtra drastique. Certains mettent d'ailleurs la responsabilité non pas sur la race mais sur le propriétaire, sa capacité à posséder un animal potentiellement dangereux et à le garder de façon sécuritaire, en laisse, avec muselière, etc. Cela n'aurait pas suffi, on l'a bien vu, à prévenir la mort de Christiane Vadnais, il y a deux semaines. 

Dans ce drame effroyable, le chien dangereux s'est glissé sous une clôture pour accéder au terrain de la victime qui a été attaquée et mordue à mort. 

Il n'est d'ailleurs pas anodin de souligner que les défenseurs des pitbulls utilisent certains des arguments entendus dans le débat sur le port d'armes, à l'effet que ce sont les gens qui ont la responsabilité de leurs actes et de leurs animaux. Au Canada, cette défense empruntée au puissant lobby américain de la National Rifle Association n'a pas réussi à libéraliser le commerce des armes à feu - et la menace qu'incarne certains molosses doit être traitée de la même manière, par une interdiction pure et simple.

Évidemment, ce n'est pas en bannissant cette race de chiens dangereux que l'on réglera tout le problème. 

Cela ne justifie pas l'inaction des pouvoirs publics pour autant.

Bien des choses sont interdites... et se produisent quand même dans la clandestinité. Mais en annonçant officiellement que les pitbulls sont interdits au Québec, le gouvernement envoie un message clair qui refoulera les propriétaires et quelques éleveurs dans une zone d'ombre d'où ils pourront difficilement émerger. Cela ne réglera pas le problème définitivement mais le réduira suffisamment pour abaisser la menace, à tout le moins dans les villes où gens et animaux cohabitent à proximité.

La prochaine étape de ce débat se portera par la suite au fédéral qui pourrait considérer une législation qui aura une portée nationale. En souhaitant qu'il ne faudra pas une autre mort stupide, ailleurs au pays, pour pousser le gouvernement à agir.

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