Le temps d'agir

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Le rapport sur une future université de langue française en Ontario brille par son positivisme. Les Franco-Ontariens qui appuient cette idée ne pouvaient espérer un rapport plus encourageant. À partir du titre, le ton est lancé: «Le temps d'agir!»

Quant à la réponse du gouvernement de Kathleen Wynne... là, il y a motif à se poser des questions. Il a appuyé le principe de l'idée, Madeleine Meilleur 10 fois plutôt qu'une, mais maintenant qu'il est confronté à un plan plus concret et surtout, à un cadre financier, il se met à grelotter. 

Le gouvernement Wynne a ce rapport en main depuis le 24 février 2016. Il a eu l'occasion de l'étudier sous toutes ses coutures. 

Pourtant, l'appel du comité consultatif présidé par Diane Dubois est on ne peut plus clair. Une fois le ton posé en page couverture avec son «temps d'agir», il est écrit en toutes lettres: «Nous vous invitons à le rendre public dans les plus brefs délais [et] agir rapidement pour y donner suite.»

Pendant plus de 12 semaines donc, Mme Wynne et Reza Moridi, son ministre de la Formation, des Collèges et Universités, ont réfléchi, jonglé, hésité. Ils ne l'ont rendu public que vendredi, après la fin de la session parlementaire à l'Assemblée législative de l'Ontario. Ainsi, le gouvernement s'est ainsi mis à l'abri des attaques des partis d'opposition qui auraient pu profiter de ce rapport pour tourner le fer dans la plaie des libéraux. 

Il l'a déposé alors que Mme Wynne, selon la rumeur, mettra la touche finale à un remaniement de son cabinet. Mme Meilleur, qui a annoncé son départ de la politique jeudi, ne sera plus là pour assurer le suivi. M. Moridi pourrait aussi changer de responsabilités. Ainsi, le rapport risque de se retrouver entre des mains nouvelles, inexpérimentées, et il faudra reprendre le travail de conviction nécessaire pour faire pencher un gouvernement qui paraît de plus en plus mal à l'aise avec cette idée d'une nouvelle université de langue française.

Pourtant, le rapport offre une éloquente démonstration que l'inaction dans le dossier confirmera que chaque année, une cohorte de 1600 élèves du centre et du sud-ouest de l'Ontario sera virtuellement promise à l'assimilation. 

Le rapport de 2012 du Commissariat aux services en français a signalé de l'offre béatement inadéquate de l'enseignement postsecondaire dans le vaste corridor de Toronto à Windsor, où la croissance démographique francophone est galopante. Quatre ans plus tard, un autre rapport. Et gentil, le comité consultatif donne quatre années de plus au gouvernement, prévoyant une ouverture en 2020. Il pourrait aller plus vite et gagner une année au moins, peut-être deux. 

Il y a urgence d'agir, cette évidence se concrétise sur la quarantaine de pages du rapport qui propose un partenariat novateur entre cette nouvelle université franco-ontarienne et le Collège Boréal, qui offre déjà des programmes postsecondaires à Toronto. Et ce ne serait pas autour du Collège Glendon, affilié à l'Université York.

Le budget proposé est de 60 millions $ par an. Cher? Pas autant que le sous-emploi dans lequel seront plongés des milliers d'élèves auxquels l'État n'offre pas une formation à la hauteur de leurs talents. Ces cerveaux négligés ne procureront jamais autant de revenus de taxes diverses qui contribueraient au Trésor ontarien s'ils sont condamnés à des emplois de manoeuvres. 

Pourquoi attendre et gaspiller des talents prêts à contribuer à la société et l'économie de l'Ontario?

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