Le silence irrite

Tous comprennent que tout ne peut être dit.... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Tous comprennent que tout ne peut être dit. Mais le silence dans lequel le maire Pedneaud-Jobin s'enveloppe depuis un an est contraire aux attentes des Gatinois à son endroit.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Depuis plus d'un an, Maxime Pedneaud-Jobin et sa garde rapprochée travaillent à résoudre l'impasse de l'aréna Robert-Guertin. Nous devons constater que ces 12 mois n'ont pas rapproché les parties d'une solution durable: les contribuables et le conseil municipal sont dans le noir, et le principal locataire, le club de hockey les Olympiques, ne se sent pas plus près d'une inauguration.

Après plus d'une décennie d'attente et d'espoirs déçus, on comprendra leur impatience.

Mardi, LeDroit a ébruité la nouvelle que le maire de Gatineau explorait la possibilité d'une loi de l'Assemblée nationale pour permettre ce que la loi actuelle lui interdit. Cette option se bute à un calendrier parlementaire chargé qui repousserait toute avancée dans ce dossier d'un bon six mois. 

Cet autre retard annoncé a provoqué l'ire dans le camp des Olympiques. Le gouverneur Norman MacMillan avait toutes les raisons de prendre la mouche tellement sa patience a été mise à rude épreuve. Il a dit souhaiter «un signe d'amour» de la part de la Ville de Gatineau. La référence à un délai de 24 heures avait tout d'un ultimatum, un mot qui fait grimper tout le monde dans les rideaux.

M. MacMillan et le groupe de propriétaires des Olympiques autour d'Alain Sear ont raison d'être impatients. Cela fait plus de 10 ans que les pouvoirs municipaux leur font miroiter un nouvel amphithéâtre pour remplacer l'aréna Guertin, inauguré en 1957. À chaque année, les espoirs des Olympiques ont été déçus pendant que la filière Guertin passait de cafouillage en fiasco, sans perspective que l'équipe de la Ligue junior majeure de hockey ne s'approche d'une solution. 

Cela fait un peu plus d'un an que le maire de Gatineau a pris le dossier en main, comme son prédécesseur Marc Bureau l'avait fait avant lui. Jusqu'ici, M. Pedneaud-Jobin n'a pas eu plus de chance. Les discussions se sont faites dans le plus grand secret, d'abord avec le groupe AEG et l'ex-hockeyeur Luc Robitaille, puis avec les Sénateurs d'Ottawa et Vision Multi-sports Outaouais. Cela fait depuis la fin de l'hiver que le maire laisse entendre qu'un dénouement est proche, que ce n'est qu'une question de deux ou trois semaines.

Et les mois se succèdent.

Personne n'en sait encore vraiment rien, ni les Olympiques, ni les conseillers municipaux qui sont pourtant mandatés par la population pour trouver la meilleure solution possible pour le club junior majeur, ni les usagers qui doivent endurer des infrastructures vieillissantes, ni les contribuables. 

L'impatience dont M. Pedneaud-Jobin est la cible, il l'a en partie provoquée lui-même avec sa stratégie fermée. Il doit en assumer les conséquences. 

Depuis plus de 10 ans, depuis le scandale des commandites, la commission Charbonneau et autres, nos sociétés s'attendent à plus de transparence de leurs élus. Cette tendance lourde n'a pas épargné la Ville de Gatineau. À la barre d'un nouveau parti politique soucieux de ses pratiques démocratiques, Maxime Pedneaud-Jobin donne cependant des indices qu'il est en train de se réfugier derrière le secret de sa fonction.

Cela a irrité, d'abord à la table des conseillers, et chez certains partenaires. 

Tous comprennent que tout ne peut être dit. Mais le silence dans lequel il s'enveloppe depuis un an est contraire aux attentes des Gatinois à son endroit.

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