Sénat, libéraux et suicide assisté

Certains critiques mettent sur les épaules de la... (Archives PC)

Agrandir

Certains critiques mettent sur les épaules de la Chambre haute une partie de la faute que le gouvernement de Justin Trudeau n'a pu respecter la date-butoir du 6 juin fixée par la Cour suprême.

Archives PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Tout le débat sur l'aide médicale à mourir a ramené à l'avant-scène le travail du Sénat dans l'examen des projets de loi émanant de la Chambre des communes.

Certains mettent sur les épaules de la Chambre haute une partie de la faute que le gouvernement de Justin Trudeau n'a pu respecter la date-butoir du 6 juin fixée par la Cour suprême. Ces critiques sont irrités qu'une assemblée de non-élus puissent interférer dans le travail de représentants du peuple dûment élus.

Ce débat sur le mode de sélection des membres du Sénat n'a rien à voir avec celui sur l'aide médicale à mourir. Aucun consensus national ne s'envisage pour une telle réforme qui exige de réécrire une partie de la Constitution, ce qui exigerait l'approbation d'une majorité de sept provinces représentant 50% de la population pour des modifications «mineures», et l'unanimité des Communes et des provinces pour son abolition pure et simple. 

Entre temps, il est certes regrettable que les Canadiens se retrouvent aujourd'hui devant une absence de loi - plutôt qu'un vide juridique - qui contrecarrera les plans de quelques personnes qui n'attendent que la promulgation du projet de loi C-14 pour demander à leur médecin une aide pour mettre fin à leurs jours. Espérons pour ces gens et leurs proches que ce délai ne sera pas trop long.

Les sénateurs font leur travail d'examen d'une législation. De manière responsable, comme l'institution est censée le faire depuis la création du Canada. 

Avec tout ce qui s'est dit de négatif sur le Sénat ces dernières années, avec les enquêtes sur les dépenses de certains membres, il est presque rafraîchissant que l'institution soit sous observation pour le travail diligent qu'il lui incombe de faire. Il prendra quelques jours de plus que certains souhaitaient, mais nous ne parlons pas ici de mesures dilatoires indues.

Ce n'est ni la faute du Sénat, ni du gouvernement Trudeau, si le Canada doit débattre de la question hautement controversée du suicide assisté tout en tentant de respecter un calendrier serré. 

C'est un peu la faute au gouvernement de Stephen Harper, qui refusait d'affronter cette question, mais tout autant celui de Jean Chrétien avant lui. Après la cause de Sue Rodriguez devant la Cour suprême du Canada, en 1993, ils ont eu le temps pour encadrer le désir de personnes souffrantes de mettre fin à leurs jours avant que la nature ne décide pour elles. La classe politique au fédéral a trop longtemps été à la traîne sur cette question morale et la Cour, avec l'arrêt Carter l'an dernier, a démontré qu'elle était davantage au diapason de l'opinion publique canadienne.

Par ailleurs, si Justin Trudeau est peu «pris» avec cette question épineuse, c'est un peu qu'il a mis fin aux liens entre le Parti libéral et les sénateurs. Ils ne font plus partie de son caucus, il ne leur donne plus d'ordres. Ainsi, son gouvernement doit composer avec un Sénat dont il ne contrôle même plus les membres libéraux. En les affranchissant de son parti, en janvier 2014, il se donne du fil à retordre aujourd'hui.

Mais cela semble un mal pour un bien, et devrait mener à un Sénat plus indépendant, plus autonome dans sa réflexion. En plein ce pour quoi il avait été créé.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer