Une révolution sans les régions

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ÉDITORIAL / Les Canadiens considèrent aujourd'hui que l'accès Internet haute vitesse fait partie des infrastructures essentielles du pays. Les mesures pour y arriver se multiplient mais les progrès sont encore bien lents. Il faut accélérer le pas.

Par exemple, le Québec a dévoilé le mois dernier son Plan d'action en économie numérique, accompagné d'une enveloppe de 100 millions $ pour les infrastructures d'Internet haute vitesse. Mais la réalité c'est que la haute vitesse des usagers en milieu urbain n'a absolument rien à voir avec ce qui est disponible dans les régions rurales. 

Dans les grandes villes du Canada, l'accès Internet se fait à des vitesses minimales de 10 mégabits par seconde (Mb/s) - souvent trois, cinq ou 10 fois plus. 

Mais en Haute-Gatineau, par exemple, les fournisseurs ExplorNet et Picanoc annoncent des vitesses de téléchargement de 5 Mb/s, garantissent 2 Mb/s... alors que la réalité se constate souvent entre 0,5 et 1 Mb/s. Ces rythmes ne permettent qu'un usage léger comme le courriel et l'accès à des sites Internet. Pas question d'accéder à des jeux en ligne ou à des services de vidéo sur demande comme Tou.tv, Netflix, Shomi ou CraveTV.

Ce n'est pas différent dans les régions rurales de l'Ontario, via des fournisseurs comme Netspectrum et WaveDirect.

Si nous voulons que toutes les régions participent à l'essor économique du pays, que des entreprises prospèrent en dehors des milieux urbains et que le territoire soit occupé d'une façon plus diversifiée, il faut agir en ce sens.

De l'action, il y en a. Comme l'annonce de Québec et ses 100 millions $ en investissements d'infrastructures. Dans l'est de l'Ontario, la province a investi 55 millions $ dans un réseau, et 32,8 millions $ pour bâtir la connectivité dans le nord. Il y a deux ans, le fédéral avait annoncé 305 millions $ sur cinq ans pour mieux desservir les Canadiens des régions éloignées.

Mais nous parlons encore de mesures parcellaires, d'une série de mesures éparses qui élargissent les réseaux de couverture, mais à un rythme insuffisant.

En région, on en parle constamment. Cette semaine, le comité d'action sur l'accès aux technologies de l'information et de la communication en région, de la Fédération québécoise des municipalités, a rappelé que l'accès Internet haute vitesse «n'était pas du luxe, mais un besoin essentiel».

On en parle en ville aussi. Le CRTC, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, étudie des soumissions sur le sujet depuis plusieurs semaines. Il mènera une vaste ronde de consultations auprès de la population à l'automne. 

Le monde vit une révolution numérique de la même ampleur que la révolution industrielle du 19e siècle. Depuis 60 ans, le pays a été électrifié, les réseaux de téléphonie ont été installés. L'accès à Internet haute vitesse incarne ce nouveau bouleversement des gestes des citoyens d'ici... comme du reste du monde. 

Le CRTC doit jongler entre les besoins des Canadiens et ceux des fournisseurs d'accès Internet du secteur privé qui pensent à la rentabilité avant tout. Mais il risque d'être pris de vitesse. Dans un avenir pas très lointain, trois ou cinq ans, des centaines de satellites couvriront la Terre entière, et ces initiatives étrangères du type OneWeb échapperont à la juridiction du CRTC. 

Entretemps, des Canadiens attendent que se téléchargent leurs vidéos de chats sur YouTube. Enfin... pas pour ça. Mais il y a urgence d'agir.

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